Comment atteindre l’éveil ?

Rien que ça ! Quel rapport avec le dessin ? À vrai dire, le titre est là pour vous titiller car j’aime bien ça. J’aurais pu intituler cette partie « comment avoir une vision globale », mais cela va un peu plus loin. Explorons tout d’abord la vision globale, qui permet de ne pas s’attarder sur tous les petits détails et souvent de s’y perdre.

Passer d’une vision globale à une vision par détail a été mis en valeur par la théorie du cerveau gauche – cerveau droit. Là où l’hémisphère droit de notre cerveau contrôle la partie gauche de notre corps, l’hémisphère gauche contrôle quant à lui la partie droite de notre corps. L’hémisphère gauche serait principalement le siège de la pensée analytique et du langage. L’hémisphère droit celui de la pensée globale, des émotions et du spatial. Je vous laisse deviner quel mode est valorisé dans nos systèmes actuels d’éducation…

Cette théorie, souvent cuisinée à la sauce horoscope, pourra toujours être critiquée puisque le cerveau n’est pas aussi compartimenté et simpliste que cela, néanmoins elle est bien pratique pour imager un réel ressenti de l’appréhension du dessin. Avec la pratique, on sent bien que l’on ne fonctionne pas intérieurement de la même manière si l’on discute avec un ami ou si l’on dessine, ce ne sont tout simplement pas les mêmes fonctions qui sont sollicitées pour telle ou telle occupation.

Voici d’autres exemples pour vous aider à mieux identifier ces deux manières de voir. Imaginez une forêt, notre côté global verra la forêt là ou notre côté linéaire verra l’arbre. Chacun a son utilité. Un aurte exmelpe fascinnat ets de vior à qeul poitn l’oeil en lisnat oubile chqaue dtéail, chqaue letrte puor aivor une vision globale et être capable de lire les mots dans leur ensemble. Si bien qu’il est possible de lire même en mélangeant l’odrre de chqaue letrte, du moment bien sûr que la première et dernière lettre soit conservé, le mot sera toujours lu grâce à notre vision globale. Ces deux perceptions sont utiles pour comprendre ce que l’on voit d’une image.

 

 

C’est votre hémisphère droit, votre vue globale qui identifie du premier coup d’œil que vous êtes dans une rue, en extérieur. Puis l’hémisphère gauche prend le relais pour lire les détails comme l’horloge, les fenêtres, le muret, l’enfant. Dans ce détail même de l’image, on peut apercevoir les éléments qui le composent, la tête de l’enfant, son corps, ses pieds, les éléments de son tricycle. Pour retourner sur l’enfant entier, retour à la vue globale.

On peut même aller plus loin dans notre manière d’observer une image. Voir l’ensemble d’une image puis simultanément les éléments qui la composent, leur place les uns par rapport aux autres, leur taille relative, les couleurs différentes etc.

Voilà pourquoi je disais qu’on allait plus loin qu’une simple vision globale, c’est cette vision « éveillée » que le dessin d’observation développe en vous.

Pendant votre pratique du dessin peut-être avez-vous ressenti cet état où tout vous vient naturellement ? D’emblée vous savez où poser vos traits et tout roule comme sur des roulettes, sans accroches ni considérations inopportunes. Puis sans même vous en rendre compte vous voilà à hésiter, à perdre le fil de votre dessin, à faire des erreurs et patatra, le dessin est foiré.

Vous arriviez à dessiner sans souci car vous aviez une vision d’ensemble de tous les éléments de votre dessin, intuitivement, qui vous guidait comme un plan de chantier guide des ouvriers. Cette vision simultanée est un état bien fragile quand on débute, il peut disparaître aussi vite qu’il est venu. C’est lorsqu’on se perd dans les détails et parties de l’image qu’on sort de ce mode de fonctionnement. Heureusement il existe une solution, la pratique tout d’abord mais aussi une petite astuce : décomposez les vues. Au lieu d’essayer de tout voir d’un coup, focalisez votre regard sur un critère seulement, comme :

  • Les angles et directions de l’image

  • Les espaces négatifs de l’image

  • Les grandes masses de l’image

  • La structure 3D des objets

  • L’horizon et lignes de fuite

  • Reconnaître un avant plan, un plan médian, puis l’arrière plan de votre image

  • Les couleurs

  • Les zones de lumières et d’ombres

  • La matière et la texture des objets

  • Etc.

Il est souvent trop dur d’appréhender une image à la fois dans sa globalité et dans les éléments qui la constituent. C’est un état qui ne vient pas toujours naturellement et qui peut se révéler fatiguant à la longue. C’est là que nous avons besoin d’une pause ! Observez juste les couleurs, c’est plus simple que de tout voir. Puis observez seulement la lumière, et ainsi de suite jusqu’à appréhender pleinement votre image.

Passez d’un regard à l’autre, prenez le temps de vous en imprégner pleinement, puis réunissez toutes ces vues en une seule. C’est ça, cette sensation d’éveil que l’on peut ressentir en appréhendant l’ensemble de notre image. Désormais vous savez quoi faire lorsque vous ne sentez plus le truc. Au lieu de vous énerver ou de vous culpabiliser, relaxez-vous, décomposez les vues puis réunissez-les.