Un pas plus loin

Pour vous montrer qu’on peut toujours allez plus loin avec les principes de base. On va s’amuser à replacer les diagonales dans les trois tiers que nous avions vus. Les diagonales vont nous aider à dynamiser l’ensemble de notre image, comme ses parties. On pourrait aussi s’amuser à placer plus d’éléments dans le décor, en prenant ces subdivisions comme aide. Afin que l’ajout de détail porte la composition, au lieu de la desservir.

Vous pouvez voir dans la figure suivante que même dans les parties de l’image, les personnages ne sont pas centraux. Il y a une harmonie et un équilibre dans le placement des éléments de l’image, même dans les compositions subdivisés.

Mais pourquoi s’embêter à ce point ? Car l’œil ne voit pas toujours l’ensemble d’une image, parfois il va s’arrêter à une endroit ou à une zone particulaire, y créant alors une nouvelle zone d’attention maximale, de nouvelles diagonales, et pourquoi pas même de nouveaux tiers. Tout cela suit le centre de vision de votre lecteur. C’est d’autant plus déterminant dans l’image d’un film puisque les actions vont changer au cours de la séquence, déplaçant l’intérêt, donc l’œil du spectateur, à différents endroits de l’image. Faire attention à ce principe vous permettra de favoriser la navigation du regard dans votre image.

Continuons notre exploration, si l’on réunit les tiers horizontaux, les tiers verticaux et les diagonales. Cela laisse apparaitre à leurs croisements des points important, il vont retenir davantage l’attention que les autres parties de votre image. Bien sûr, les éléments de votre image influencent aussi le regard, ici, c’est comme un schéma de base donné par l’existence même du cadre. C’est ce qui influence en premier lieu et de manière générale votre regard, les éléments du dessin venant ensuite dévier ce mouvement. Comme nous pouvons le voir à la figure suivante avec le poussin.

Il est souvent conseillé de placer les éléments principaux de son dessin sur ces points là, afin de bien les montrer au lecteur. Ce qu’on ne nous dit généralement pas, c’est qu’il peut être astucieux de ne pas le faire. Par exemple, un élément central peut être légèrement décalé du centre, pour devenir plus agréable à regarder. Tout en lui gardant une place centrale dans l’image, il devient moins statique et plus dynamique.

Placer les points forts d’une image sur les points d’attention est une règle. Tout comme la règle de ne pas centrer le sujet d’un dessin ou d’une photo. Cela marche, mais il y a autre chose de bien plus efficace derrière cette règle. Le principe sous-jacent à cette règle, c’est que le point d’attention représente un regard maximal.

Tout comme une planète flottant dans l’espace, elle va attirer pleinement notre regard. Mais si l’on décentre, un petit peu notre élément de ces points-là, voilà qu’il se met à graviter autour… tout comme un satellite autour d’une planète, c’est bien ça ! Un élément est figé sur un point d’attention, comme fixé par une punaise sur la feuille. Décentré, le voilà qu’il tourne autour de l’axe, ajoutant du mouvement à votre image. Cela permet tout de suite plus de possibilités.

Placer son élément en plein sur un point d’intérêt et vous voilà avec une composition fixe. Décalé légèrement, vous obtenez une plus grande intensité et une petite amplitude de mouvement. Décalez encore plus votre élément et vous voilà avec plus de mouvement possible, mais moins d’intensité.

Si cela n’est toujours pas clair pour vous, voici un exemple plus tangible. Cette notion d’axe est similaire à un couteau de cuisine où près du manche, c’est à dire de l’axe, il y aura plus de puissance pour couper les aliments difficiles, mais moins d’amplitude de mouvement. Alors qu’au bout de la lame, moins de puissance mais beaucoup plus de mouvement. Ce qui est bien pratique pour émincer rapidement les légumes. Vous l’avez deviné : en dessin c’est pareil.


Les diagonales de lecture, les tiers et le cercle d’attention. Il est drôle d’observer qu’on retrouve le triangle pour son dynamisme, le carré pour structurer l’image, et le cercle pour contenir l’attention. On retrouve-là nos fondamentaux. Ces trois principes vous guident pour placer les éléments de votre image dans son cadre. De quoi vous simplifier grandement la vie lors de la réalisation d’une composition.

Enfin, c’est bien de me lire, mais il vous faudra de nombreux dessins pour explorer tout cela. Les peintures de John William Waterhouse, Rubens également, débordent d’exemples de ces principes liés au cadre. Observez, explorez ! Je vous ouvre la piste !

 

Qu’avez-vous appris dans ce chapitre ?
  • Les diagonales du cadre vous aide à dynamiser l’image.
  • Les tiers pour structurer votre image.
  • La zone centrale pour contenir l’attention maximale.
  • Des diagonales peuvent être placées dans les subdivisions de l’image.
  • Les croisements des diagonales avec les tiers vous permettent de placer les points clés de votre image.

 

Place à l’action !

Le plus simple avant de composer vos propres images, c’est d’observer celles faites par des professionnels. Amusez-vous à regarder les films qui vous plaisent, qu’ils soient animés ou filmés, puis faites des arrêts sur image pour retrouver nos trois principes. Vous pouvez aussi réaliser de petits croquis, très peu détaillés, en vous servant des trois principes pour replacer aux bons endroits les éléments de l’image.