La composition d’image – PARTIE 01

Que ce soit pour du storyboard, de la bd, une illustration, c’est le même combat : raconter quelque chose par l’image. Un cadre est toujours présent, qu’il soit tracé ou suggéré. Cela entraine des principes, qui sont les mêmes, quelques soit le format du cadre. Ces principes ont été trouvés par l’observation de différentes images, filmées ou dessinées. L’analyse d’image étant un très bon moyen d’apprendre, si ce n’est le meilleur, avec la pratique, bien évidemment ! Voici donc : Les diagonales de lecture, les tiers, la zone d’attention maximale.

Trois outils simples, pour vous aider à composer une image et à mieux faire passer vos intentions.


Diagonales de lectures

En arrivant sur une image, le regard a tendance à suivre un certain chemin, il est influencé par les lignes et formes mais aussi par le cadre lui-même. (Si le cadre est invisible, il est suggéré par la surface occupée par le dessin.) Ce chemin peut être symbolisé par deux diagonales partant de chaque coin de l’image. Le regard entre par elles et se dirige vers le centre de l’image.

Ces diagonales préfigurent la dynamique de vos images et peuvent amplifier celle que vous donnez aux éléments de votre image. En pratique, par exemple ainsi :

Il y a un exemple similaire dans le film « Là-haut » des studios Pixar. Où des chiens assis à une table, se retournent brusquement pour voir apparaître dans le fond le protagoniste principal. Le regard parcours l’image par les diagonales pour arriver au centre d’intérêt. Les diagonales du cadre étant en écho avec les diagonales invisibles qui sont créées par le regard des chiens. Ainsi, le regard du spectateur est clairement assimilé à celui des chiens.

C’est ainsi qu’on peut jouer de l’identification aux personnages. On ressent la même émotion de surprise que les chiens, en découvrant en même temps qu’eux le personnage qui passe en arrière plan.

  Pour la petite anecdote. La scène en question est un clin d’œil à la célèbre peinture de Cassius Marcellus Coolidge peinte en 1910 et intitulée : Dogs Playing Poker. Une peinture détournée à mainte reprise par de nombreux artistes. Faites-en une petite recherche sur internet !

Les diagonales de vos images qui seront placées près des diagonales du cadre auront davantage d’importance, plus d’impact sur le regard du lecteur. Attention par contre à ne pas placer vos diagonales dans les coins de l’image. On rejoint ici le principe des tangentes, il vaut mieux décaler un peu ses diagonales pour éviter de figer vos compositions.

Pour les plus observateurs, avez-vous remarquez le bras levé qui rentre en écho avec la diagonale du cadre ?

Dans l’image suivante de l’illustrateur Anglais, Arthur Rackham. La diagonale de lecture qui démarre au coin inférieur gauche accentue la dynamique vers l’avant du personnage. Sans parler de la répartition dans l’espace des personnages, qui permet de voir tout de suite qui à l’ascendant sur l’autre.

 

Arthur Rackham (1867- 1939) – Waltraute confronts (1911)