Le mouvement des lignes

Continuons à nous intéresser à la diagonale qui est la source de mouvement par excellence. Par la gravité, une diagonale va initier un mouvement dans une direction. On peut voir la diagonale comme un plan incliné, si l’on y pose une bille, elle glissera vers le bas, conformément à la gravité.

Il en va de même pour le regard. Tout dépend ensuite de comment est approchée la diagonale. Dans la figure suivante, si votre regard arrive par la gauche pour aborder la première case, alors il glissera rapidement le long de la diagonale. Cela correspond au mouvement naturel, facilité par la gravité. Sur l’image de droite il aura davantage de mal à monter. Des sensations qui influent sur ce que ressentira votre lecteur.

 

On peut aussi imaginer le regard comme une balle de ping-pong qui au contact de la diagonale va y rebondir mais aussi la déstabiliser et l’entraîner dans une direction.

 

Autant les deux exemples à gauche entraînent le regard vers le bas puisque la gravité aide à aller dans ce sens ; autant dans le deuxième exemple tout dépend de l’élément sur lequel se trouvera cette droite. Si cette montée est constituée d’une forme pleine elle entrainera principalement le regard vers le haut. Si c’est comme ici une forme légère, cela peut être les bras d’un personnage par exemple, le mouvement de l’œil entrainera plus facilement le regard vers le bas, comme si la diagonale était bousculée par notre regard.

Voilà qui devient subtil n’est-ce pas ? Observons un autre exemple à la figure suivante :

Une figure penchée vers l’arrière comme une diagonale, entrainera un mouvement de notre œil vers la gauche de l’image, ici hors cadre. Si l’on fait pencher la figure dans l’autre sens, le mouvement s’inverse pour aller vers la droite.

Avec le même principe, la figure suivante illustre différentes intentions :

 

Comme vous pouvez le voir, c’est le même positionnement de bras et de jambes, pourtant l’inclinaison de la diagonale en change complètement le sens ! On passe d’un personnage penché vers l’arrière, en recul, comme s’il avait peur de ce qu’il a en face de lui, à un personnage incliné vers l’avant, prêt à recevoir et faisant face à l’adversité. Et encore une fois, ne me faites pas croire que vous ne savez pas dessiner ça. Il n’y a pas besoin de savoir faire de beaux dessins pour donner de la vie à vos lignes…

Pour illustrer une autre utilisation de la diagonale, on va reprendre l’exemple du chapitre précédent :

Voilà encore des moyens supplémentaires pour contrôler ce que vous faites passer dans vos images. C’est la même diagonale, le même fondamental à chaque fois. À partir de lui vous avez une infinité d’utilisations. On va en trouver d’autres, tout de suite, avec les lignes de force de vos personnages.