Espace et quantité de points d’intérêts

Une succession de points d’intérêts engendre une temporalité dans votre image. Dans ce cas-là, ne pourrait-on pas influer sur cette sensation de temps ?

Dans la réalité, nous avons une sensation de temps relative à ce qu’il se passe. Imaginez un prisonnier enfermé dans sa cellule nuit et jour, sans aucun repère, sans aucune occupation. Très peu de points d’intérêts et voilà que le temps s’étire inexorablement. Alors qu’une journée de travail bien remplie passera à vitesse grand v, elle semblera courte car vous passerez hâtivement d’une activité à une autre.

On peut agir sur la sensation de temps en variant la quantité et l’espace entre les points d’intérêts. On en a l’exemple avec les trois petits points. Des points mis bout à bout pour allonger le temps… plus on accumule de points d’intérêts et plus on diminue la vitesse du regard………….. On peut modifier l’espace entre eux, où l’on devient plus rapide progressivement .. . . .  .   .    .   pour ralentir à nouveau  .    .   .  . . ..

En jouant avec la quantité de points d’intérêts et avec l’espace entre eux, vous influencez la vitesse de lecture de votre image.


Vous noterez la similitude avec la timeline d’animation qui permet justement de se rendre compte de la vitesse d’un objet. Plus il y a d’images en un seul endroit, plus l’objet sera lent. Si les images sont éloignées cela veut dire que l’objet a traversé un large espace en quelques images seulement.

Peut-être avez vous déjà vu ces images montrant la chute d’une balle ? Les images sont serrées lorsque la balle vient d’être lâchée et n’a pas encore sa vitesse maximale. Les images prennent de la distance à mesure que la balle prend de la vitesse avec sa chute.

C’est la même chose en dessin, vous pouvez ainsi contrôler où vous souhaitez que le regard s’attarde en rajoutant des détails à voir. Le regard s’y posera et y reste un bon bout de temps, le temps de voir tout ce qu’on lui donne à voir.

 

 

Dans un portrait, si le visage est plus détaillé, et la tunique plus épurée. Le regard passera du temps sur le visage, plutôt que le reste de l’image. On en a un exemple à la figure suivante, où dans cet autoportrait de Rubens le regard passe vite sur les larges espaces noirs qui composent la tunique pour aller s’attarder sur les points d’intérêts.

 

Rubens (1577-1640) – Autoportrait (1639)

 


Pour illustrer différemment le lien entre nombre de points d’intérêts et durée, imaginez-vous au supermarché en train de faire la queue. Si la file d’attente est composée de beaucoup de personnes, alors la durée sera plus longue. Si au contraire il y a peu de monde, ce sera plus rapide à passer.

De manière générale c’est ce qu’il se passe, il peut ensuite y avoir plus ou moins de changement de rythme suivant que la personne arrivant à la caisse (notre regard, l’intérêt présent) demande plus ou moins de temps a la caissière. Suivant différents paramètres comme le fait qu’elle possède plus ou moins de courses (la complexité de la forme dessinée, ou son contraste par rapport aux autres, et tout autre paramètre attirant plus longuement le regard).

Notez aussi l’ambivalence entre durée totale et vitesse de lecture de chaque point d’intérêt. Dans le sens où s’il y a beaucoup de monde, la caissière (notre regard) passera vite d’une personne à l’autre (d’un point d’intérêt à l’autre) ; alors que s’il y a peu de personnes, la caissière pourra se permettre de prendre davantage le temps de discuter avec chaque personne. De la même manière que nous allons prendre le temps de voir les choses, s’il y a peu à voir dans une image. Voilà ce qu’il faut utiliser en dessin pour gérer la durée du regard sur votre image ainsi que sa vitesse de lecture.