Les contrastes 02

Perception relative des valeurs

 

Le gris du rectangle ou du visage ne paraît pas le même suivant le fond sur lequel il est posé. Ainsi il est possible de donner l’illusion d’avoir plus de valeurs qu’il n’y en a en vrai. Il suffit pour cela de reprendre ce principe en l’amenant de manière plus discrète qu’un dégradé linéaire, en jouant avec des valeurs différents pour les éléments situés à gauche ou droite de votre image.

On pourrait tout aussi bien jouer de ce contraste sur les éléments d’un même personnage. Comme entre la valeur de gris utilisée pour l’ombre de son visage, et le même gris utilisé cette fois-ci pour la zone éclairée du casque.

 

Dans le premier cercle, l’œil est en repos puisque le noir retient toute la lumière et ne nous renvois rien. Le petit cercle gris au centre, représentera alors le maximum de luminosité que nous recevons, d’où le fait qu’il nous paraît plus clair. Ce même gris au sein d’une surface blanche, enverra beaucoup moins de lumière que le blanc, c’est pourquoi il paraitra plus foncé.

Cette illusion d’optique n’est pas qu’un simple tour de passe-passe, il nous enseigne comme simplifier nos images tout en gardant une richesse visuelle avec la perception de tons différents. Cette relativité dans la perception des tons se retrouve à merveille dans l’illusion d’optique suivante.

©1995 – Edward H. Adelson – Checkers shadow

 

L’œil adapte son regard, de la même manière qu’il atténuait les différences de valeur dans la peinture de Seurat, Les Terrassiers. Ici l’œil atténue la zone d’ombre portée par le tube vert, pour qu’elle ne nous paraisse pas si sombre en comparaison de la zone à la lumière.

Une fois les couleurs mises à part sous formes géométriques, on se rend bien compte de la supercherie. Ce qu’on appelle des illusions d’optiques sont en fait de grandes aides pour comprendre les principes fondamentaux du dessin.

 

Perception relative de la couleur

En regardant les œuvres des grands maitres, j’étais souvent impressionné par la simplicité de leur gestion des couleurs. Il n’y avait souvent qu’une seule couleur là où j’aurais mis un dégradé pour faire « plus réaliste ». Je me suis souvent demandé comment ils faisaient pour obtenir autant de richesse dans leur œuvre tout en restant aussi simples. La réponse désormais vous l’avez : les contrastes relatifs !

Suivant sa position dans la profondeur de l’image et par contraste relatif, une couleur ne semblera pas la même. Par cette astuce visuelle, il est possible de simplifier une peinture. Par contraste, on aura l’impression de voir plus de couleurs qu’il n’y en a en vrai. Simplicité et complexité réunis. En voici un exemple très simple :

Sur le fond bleu de la mare, le vert de la grenouille paraitra plus vibrant que ce même vert sur la végétation au fond à droite.

Le rose des fleurs de lotus paraît plus chaud que celui sur le poisson, où entouré par un jaune vibrant, le rose y paraît presque terne.

Le blanc légèrement grisé de l’ordinateur et des cailloux nous paraît comme tel car aucun blanc pur n’est présent dans l’image. Une fois mis sur un fond blanc, on se rend compte à quel point il est foncé et de teinte bleutée. La grande quantité de bleu dans l’image occultait le bleu de ces rochers.

Vous commencez peut être à percevoir les problèmes qui peuvent arriver dans la conception d’une image. L’ajout d’une seule teinte change complètement notre perception des couleurs environnantes. C’est comme si l’on avait à résoudre un Rubik’s Cube en permanence !

Il vous faudra beaucoup de pratique pour devenir à l’aise avec la gestion des contrastes. L’avantage que vous avez maintenant, c’est de savoir ce que vous faites, il n’y a plus qu’à laisser la pratique faire le reste.

À ces contrastes colorés, beaucoup d’autres contrastes s’ajoutent à la liste, comme des contrastes de taille, d’idées, de définition (plus détaillé, plus épuré), de style, de netteté, de formes, etc. Des tas et des tas d’outils à votre disposition !