Les contrastes – 01

Dans la partie sur les fondamentaux du dessin, nous avons vu que par le mouvement du regard passant d’une différence à l’autre, la différence amenait de la vie dans notre image. La différence c’est justement les contrastes, qui se présentent sous des formes très nombreuses. Le chaud-froid, le beaucoup de détails/peu de détails, saturés/dé-saturés, et bien d’autres types de contrastes.

Les sept types de contrastes colorés

  • le contraste de couleur
  • le contraste de qualité (saturation)
  • le contraste clair-obscur (luminosité)
  • le contraste de température (chaud-froid)
  • le contraste des complémentaires
  • le contraste de quantité
  • le contraste simultané
  • Le contraste de couleur

Le plus fort contraste de couleur étant celui entre les couleurs primaires (puisqu’elles sont pleinement différentes les unes des autres). Le contraste entre les autres couleurs étant moins percutant.

Le contraste de qualité (saturation)

Il s’agit ici du pourcentage de saturation de la couleur. Afin d’illustrer ce seul contraste, l’image d’exemple sera avec du rouge, mais cela peut très bien être avec d’autres couleurs, comme du rouge saturé mis à coté de bleu dé-saturé.

 

Le contraste clair-obscur (luminosité)

Plus il y a de différence de luminosité entre deux couleurs, plus il y aura de contraste. Pour les mêmes raisons évoquées plus haut, j’illustre ici ce contraste sur une seule teinte de couleur.

 

Le contraste de température (chaud-froid)

On l’obtient en juxtaposant des couleurs dites froides (comme le bleu) avec des couleurs chaudes comme le rouge et l’orange. Le rouge-orangé et le bleu-vert représentent le contraste de température le plus élevé.

Pour donner de la chaleur à votre palette de couleur, retenez qu’il suffit d’ajouter un peu de jaune à chacune de vos couleurs. Pour refroidir, un peu de bleu. Encore un exercice pratique, mettez des objets devant vous, choisissez quelques couleurs pour les représenter, puis réalisez deux peintures, l’une en donnant de la chaleur à vos couleurs, une autre avec des tons froids.

Vos couleurs auront également une influence sur l’espace de votre peinture, des tons chauds la rapprocheront de nous, tandis que des tons froids éloigneront votre peinture.

Le contraste des complémentaires

C’est à dire le contraste entre le bleu et l’orange, celui entre le rouge et le vert, puis celui entre le jaune et le violet. Sachant que d’un point de vue des valeurs, le jaune et le violet possèdent un grand contraste de clair-obscur.

Le contraste de quantité

À noter que la taille de l’espace occupé par une couleur influe sur sa perception. On retrouve encore l’importance de connaitre la taille de diffusion de son image. Si c’est un grand format on peut se permettre d’ajouter du détail et des subtilités dans les contrastes. Si la taille de sortie est plus petite, il faudra aller droit au but et offrir des contrastes percutants afin d’être sûr qu’ils soient visibles.

Je tiens à signaler que c’est le même rouge et le même jaune qui a été utilisé sur ces deux rectangles. S’ils paraissent différer, la faute revient au contraste simultané.

 

Le contraste simultané

Notre perception des couleurs n’est jamais la même, elle dépend de leur environnement immédiat. En effet notre œil évalue et adapte sa perception en permanence, afin de répondre au mieux aux changements extérieurs et de permettre une vision optimale. Passez d’un extérieur ensoleillé à l’intérieur d’une maison sombre, de couleurs très sombres et désaturées, l’œil s’adaptera très rapidement pour nous offrir des couleurs plus claires, plus visibles, et davantage de contraste. Voilà pour l’exemple flagrant, néanmoins cette adaptation se réalise à moindre échelle et à tout moment. La preuve par l’exemple.

Une même couleur posée sur un fond clair ou sur un fond foncé, nous paraîtra respectivement plus foncée et plus claire.

 

La sensation de chaud et de froid d’une couleur est également relative aux couleurs environnantes. Une même couleur pouvant être froide dans une image, ou chaude à d’autres endroits de cette image. Comme nous en avons l’exemple à la figure suivante.

Je vous assure que le petit carré est de la même couleur dans les deux rectangles. Pourtant, à cause du contraste simultané le carré du haut parait plus chaud que celui de bas.

N’oubliez pas que toutes ces formes géométriques sont là pour rendre flagrants les effets du contraste. Dans une image comportant des détails complexes et figuratifs, les mêmes principes s’appliquent même s’ils sont moins visibles.

Le gros avantage du contraste relatif est qu’il permet de limiter les couleurs utilisées dans une œuvre. C’est ce que nous allons voir dans la suite.