Les couleurs – 01

Nous avons vu que les valeurs de luminosité permettent d’organiser l’espace, d’amener du contraste et d’attirer l’attention vers les zones importantes de votre image. La couleur s’ajoute aux valeurs en une couche supplémentaire qui va permettre de jouer sur les facteurs cités précédemment, et bien d’autres que nous allons voir.

À noter que le blanc et le noir ne sont pas tout à fait des couleurs. Le blanc est lumière, là où le noir est absence de lumière. Les couleurs naissent entre ces deux extrêmes.

Un objet est noir s’il absorbe toute la lumière et ne réfléchit presque rien. La lumière étant chaleur, voilà pourquoi le noir chauffe plus vite qu’une surface blanche. Et voilà pourquoi en dessin, un objet blanc aura davantage l’impression de venir vers nous qu’un objet noir. La faute à la lumière !

Ainsi le clair nous saute aux yeux en premier, là où le sombre sera vu dans un second temps. Pensez-y pour la narration de vos images ou même pour jouer de la perspective. La luminosité influence aussi la sensation de taille, la bestiole blanche paraissant plus grande que celle en silhouette noire.

La lumière contient toutes les couleurs. Lorsqu’un objet reçoit de la lumière, une partie de cette lumière va être absorbée, une autre va être réfléchit. C’est la lumière renvoyée par l’objet que nous percevons et qui lui donne sa couleur. Si un objet absorbe les longueurs d’onde correspondant au bleu et au vert, il nous apparaitra rouge. Cela nous permet de mieux comprendre les notions de synthèse additive et de synthèse soustractive.

 

Synthèse additive / Synthèse soustractive

L’additive consiste à mixer des faisceaux de lumière colorée afin de reproduire toutes les autres couleurs. Elle est utilisée pour composer les couleurs sur les écrans LCD. La soustractive consiste à mélanger des pigments de couleurs, C’est celle qu’on utilise pour peindre.

Voilà le moyen mnémotechnique pour les différencier. La synthèse additive, car nous « ajoutons de la lumière » pour composer les couleurs. La synthèse soustractive car nous « retirons de la lumière » pour composer les couleurs.

Les trois couleurs primaires sont celles à partir desquelles nous pouvons composer toutes les autres. Ce sont les seules que l’on ne peut pas obtenir par mélange. En synthèse additive les trois couleurs primaires sont le rouge, le vert et le bleu. Trois longueurs d’ondes qui correspondent aux trois sortes de cônes récepteurs de l’œil humain. L’addition de ces trois couleurs primaires en quantité égale donne le blanc, c’est à dire la totalité du spectre lumineux.

En synthèse soustractive, les trois couleurs primaires sont le cyan, le magenta et le jaune. L’addition de ces trois couleurs primaires donne suivant leur pourcentage, des teintes allant des gris aux marrons, ou au noir. Le noir correspond a une absorption totale de la lumière par les pigments de la peinture. Le challenge en peinture d’après nature étant de réussir à reproduire la bonne teinte de gris ou de marron du sujet peint, sachant qu’ils tendent toujours vers une couleur en particulier.

 

Le cercle chromatique

Il va nous permettre de retrouver les principales couleurs obtenues par mélange des primaires en synthèse soustractive. Les couleurs naissant du mélange de deux couleurs primaires s’appellent les couleurs secondaires. Celles naissant du mélange d’une couleur primaire avec une secondaire, s’appellent les couleurs tertiaires.

Concevoir des cercles chromatiques est un des exercices par lesquels on commence dans les écoles d’art. Ne le sous-estimez pas, il permet de roder votre œil aux différentes couleurs. Vous allez vous rendre compte qu’il n’est pas si facile d’obtenir des intervalles réguliers entre chaque couleur.

Il existe d’autres exercices similaires aux cercles chromatiques, vous pouvez par exemple peindre des couleurs passant progressivement d’un ton clair à un ton foncé. L’étoile chromatique est également intéressante car on se rend compte à quel point les couleurs tertiaires paraissent derrières les autres.

  Je vous recommande de chercher sur internet « Max Bill color », pour observer des assemblages de couleur pour le moins ingénieux.

 

Les couleurs complémentaires

On appelle couleurs complémentaires, deux couleurs opposées sur le cercle chromatique. Nous avons le bleu et l’orange, le jaune et le violet, le rouge et le vert. Pour retenir, dites-vous qu’il s’agit d’une des couleur secondaire associée à la primaire qui ne fait pas parti de son mélange. Les couleurs complémentaires produisent un très fort contraste, elles sont aussi utilisées pour colorer les ombres.

 

Définition d’une couleur

Teinte, saturation, luminosité, sont trois facteurs utilisés pour déterminer une couleur.

La teinte, c’est à dire si une couleur est rouge, bleu, vert, etc. La saturation est le degré de pureté d’une couleur. Si la couleur est saturée, alors elle possède tout son éclat. Si elle est dé-saturée, elle est plus terne et se rapproche du gris. En pratique, on dé-sature une couleur en y ajoutant une autre couleur, généralement sa complémentaire (on pourrait aussi ajouter du blanc ou du noir, mais cela changerait aussi la luminosité de la couleur). La luminosité quant à elle définit si la couleur se rapproche du blanc ou du noir.

Ces trois catégories sont très importantes puisqu’elles nous permettent de constituer nos palettes de couleurs. En choisissant des couleurs qui possèdent des points communs, en teinte, saturation, ou luminosité, nous obtenons des couleurs qui s’intègrent mieux dans notre peinture. On retrouve notre principe de la répétition et la variation dont l’on avait parlé dans les fondamentaux.

En débutant on tombe souvent d’un extrême à l’autre, soit on conçoit une image avec trop de couleurs différentes et trop de différence dans les couleurs choisies. Soit l’inverse, trop peu de différences, si bien qu’on obtient une image fade et sans contraste. Il va vous falloir trouver le juste milieu.

Si vous souhaitez en savoir beaucoup plus sur les couleurs, je vous conseille la lecture du Traité des couleurs de Goethe. Allant jusqu’à observer les couleurs apparaissant lors de la chauffe des métaux, Goethe a pris le temps d’étudier la couleur sous toutes ses formes. Attention, son livre est très complexe faire le lien avec la pratique n’est pas aisé pour un débutant, pour les autres la lecture en sera passionnante.