Ombres et lumière – 01

La lumière et les ombres, même si l’on peut s’en passer pour dessiner, apportent tout de même beaucoup à votre œuvre. Difficile la lumière ? Pas tant que ça ! Si elle nous paraît aussi compliquée c’est parce qu’on saute les étapes, et la première étape avant de s’attaquer à la lumière c’est :


La structure !


Pour réussir à dessiner les ombres et à bien rendre la lumière sur un objet, il vous faut dans un premier temps comprendre la structure de cet objet. En l’absence de maîtrise dans ce domaine, vous pouvez mettre tous les efforts que vous souhaitez à faire l’éclairage de votre image, vous serez battus d’avance.

C’est l’un des pièges dans lesquels on tombe en débutant. On saute des étapes si bien qu’on se retrouve face à un mur infranchissable. Sans connaitre les plans, les inclinaisons qui constituent les volumes d’un objet, on ne peut pas appliquer la lumière dessus. C’est sur ce point-là que vous devez focaliser dans un premier temps votre pratique. Puis dans un second temps également, car cela ne vient pas d’un coup. Soyez patients, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on peut réaliser une image aux effets de lumière archi-réalistes.

Un des premiers exercices que l’on peut faire pour appréhender la lumière, c’est de s’exercer à dessiner un cube. Pour vous aider vous pouvez dessiner une vraie boîte, une brique, qu’importe, vous pouvez même réaliser un cube en papier.

C’est bien plus simple de visualiser la lumière sur un cube, l’inclinaison des plans y est clairement visible contrairement à des objets plus complexes et incurvés. Positionnez votre lampe de bureau pour réaliser différents éclairages à partir desquels vous réaliserez croquis ou peintures.



Il restera à assurer la transition dans vos dégradés, pour passer d’arêtes dures à incurvées.

Ces deux exemples ne sont pas anodins, ils sont à même de révéler la surface de votre objet, possédant parfois des arrêtes dures ou arrondies. Une pratique intéressante à réaliser est le dessin d’os. La forme complexe est souvent déroutante mais la richesse des arrêtes vous permet de bien faire la différence entre les arrêtes dures aux ombres franches, et les arrêtes plus arrondies, aux ombres dégradées.

Après le cube vous pouvez vous entrainer en dessinant œufs, balles de ping-pong ou des pommes. Chiffons, boule de papier froissée font également de bons exercices pour « dessiner la lumière ».

Après avoir observé en vrai l’influence de la lumière, amusez-vous à simplifier un objet complexe ou votre personnage préféré, en cubes empilés les uns sur les autres. Si vous bloquez sur le dessin de votre personnage, placez-vous devant un miroir et observez comment la lumière interagie sur les volumes de votre corps.

Les différentes lumières et ombres

Après la structure et les observations, enrichissons notre approche de la lumière en la décomposant en plusieurs couches.

La lumière principale. La partie de l’objet à la lumière, provenant de la source lumineuse la plus forte de l’image. Elle éclaire les faces de l’objet qui sont tournées vers elle, c’est elle qui déterminera l’ombre la plus visible de l’image.

Les éclats ou rehauts. Généralement de petites tailles, ces points de lumière sont les endroits où l’intensité lumineuse est la plus forte. Si le sujet dessiné possède des protubérances, comme les reliefs sur le dossier d’une chaise, ou le bout d’un nez, c’est ici qu’apparaitront ces éclats de lumière.

D’une certaine manière on peut considérer que lumière principale et éclats ne font qu’un. Sur une feuille plate éclairée directement, la lumière principale couvrira toute la feuille, alors que si elle présente une pliure, la lumière sera condensée sur cette «protubérance» et nous apparaitra comme un éclat.

La demi-teinte. Ni à l’ombre, ni à la lumière. C’est en général la couleur de l’objet si une lumière homogène et sans ombre la baigne.

Il y a ensuite deux types d’ombres :

L’ombre propre. C’est à dire la partir d’ombre située sur l’objet en lui-même. Ce sont les faces de l’objet sur lesquels la lumière de parvient pas, car ces faces ne sont pas tournées vers elle. C’est l’ombre propre qui donne son modelé à l’objet.

L’ombre portée, qui est projetée par l’objet. La lumière étant bloquée par l’objet, elle ne peut éclairer derrière celui-ci. Elle y projette alors une ombre portée. Cette ombre peut se trouver sur d’autres objets ou sur plusieurs éléments d’un même sujet, comme un bras placé devant le visage, qui va alors projeter une ombre sur lui.

Il y a une dernière source de lumière qui n’est pas à négliger, c’est la lumière réfléchie par les objets eux-mêmes. Chaque objet absorbant et rejetant de la lumière. Vous pouvez tester d’éclairer un objet et de placer une feuille blanche derrière-lui ou en dessous de lui. Vous observerez alors que la partie de l’objet à l’ombre va s’éclaircir au contact de la feuille.

  Une technique fréquemment utilisée au cinéma est justement de placer hors champ un réflecteur, afin de renvoyer une faible lumière vers notre scène et d’y adoucir les ombres trop fortes. Une grosse plaque de polystyrène comme réflecteur faisant parfaitement l’affaire.


La surface qui réfléchira de la lumière peut être de différentes sortes, comme un sol, une étendue d’eau. En anatomie, le ventre renverra légèrement de la lumière sur le bas de la poitrine. Petits détails, grande crédibilité à vos dessins.

À partir du moment où cette lumière est réfléchie, cela veut dire qu’elle a perdue en intensité par rapport à la lumière principale. Prenez soin de vérifier que c’est bien le cas dans vos dessins.

Ce retour de lumière crée une sorte de délimitation plus sombre dans l’ombre propre, il s’agit du terminateur.

 

 

Qui dit retour de lumière, dit également une transmission de couleur d’un objet à l’autre, puisque la couleur est lumière. Donc si nous plaçons une feuille rouge près d’un objet blanc, on observera un retour de lumière rouge sur notre objet. À quoi cela sert ? Suivant l’ambiance colorée de votre image, la lumière réfléchie sur vos personnages devra prendre en compte ce principe, afin d’assurer une cohérence, une unité à votre image. De même pour des néons lumineux dans une rue animée, ou des lumières plus surnaturelles.

Faire la distinction entre les différentes lumières et ombres est très important puisque cela vous permet de simplifier la vision que vous avez de votre dessin. Il est toujours plus simple de décomposer quelque chose de complexe, cela permet de mieux l’appréhender et de réussir vos dessins. Avec le dessin numérique, vous avez même la possibilité de placer chaque type de lumières et d’ombres sur un calque indépendant, permettant les modifications de l’un d’entre eux, sans affecter les autres.

 J’en rajoute une couche : le numérique rend la pratique du dessin plus pratique, par contre l’apprentissage du dessin n’en est pas plus facile. La distinction est importante.