Les rapports de taille

Une même surface de papier pour représenter dix centimètres comme mille lieues. Quelle magie se cache derrière cela ? En plus de la perspective que nous avons vue, il y a certaines astuces qui favorisent l’impression d’espace gigantesque dans une simple image. Explorons.

Un exemple connu par tous

On va prendre un exemple que tout le monde connait : les images sur les paquets de gâteau et autres produits alimentaires. Entre la photo et ce qu’on trouve à l’intérieur, cela n’a plus rien à voir !

Sur l’image les gâteaux paraissent toujours plus savoureux et surtout plus volumineux qu’ils ne le sont en vrai. Il faut reconnaitre à quel point ceux qui composent ces images sont habiles dans la gestion de l’espace.


Comment s’y prennent ils ? Que l’on puisse récupérer leurs techniques pour concevoir nos images. Vous allez voir qu’il y a plusieurs combines pour accentuer la taille.

  • Faire dépasser le gâteau d’un cadre
  • Ajouter des détails et de la texture
  • Créer du contraste en posant un petit élément à coté (miette ou petite fourchette, etc.)
  • Déformation de l’objet, effet grand angle
  • Lumière contrastée

Etc.

Tout cela contribue à donner l’impression qu’un objet à du volume alors qu’en vrai il est tout ratatiné et fade d’aspect.

(En tant que gourmand, je ne pouvais pas laisser passer cela !)

Cela rejoint les effets spéciaux au cinéma, où des petites maquettes de bateaux sont censées représenter des bateaux gigantesques ! Imaginez l’ingéniosité qu’il faut pour simuler la grandeur de ces maquettes.

Des échelles relatives

C’est la même taille pour chacun des traits bleus, pourtant au premier plan il paraît plus petit car il occupe une place plus petite par rapport à la route. Ce qui montre à quel point on jauge les distances de manière relative. Il faut alors ne pas hésiter à réduire vos éléments situés en arrière-plan, afin de contrebalancer cette illusion d’optique.

 

On retrouve le même effet pour chacun des personnages. Là où c’est subtil c’est que vous noterez que le trait bleu du premier plan, paraît un peu plus large qu’il ne l’était sans les personnages. Nous démontrant que chaque élément de votre dessin influence la perception de l’autre.

Une pyramide ou un escalier ? Cachez l’un des personnages pour observer à quel point cela change la sensation d’espace dans l’image. C’est pourtant le même décor à chaque fois.

Ce principe d’interdépendance entre les éléments de votre dessin, fonctionne également au sein d’un personnage. On peut jouer du contraste entre les éléments d’un visage, des vêtements et autres accessoires.

De gros yeux contribuent à donner l’impression que le visage est vu de près, comme un agrandissement de quelque chose de petit. Tandis que de petits yeux donne une impression de grande taille,

Dans un corps entier, cela fonctionne de la même manière. Si vous déplacez le regard du lecteur grâces à la dynamique de la ligne, il fera plus de trajets donc le personnage paraîtra plus grand ! On rejoint la forme et la ligne, force expansive et progressive.

 

Autre illusion d’optique utile en dessin. Observez à quel point l’entourage, et donc le contraste, donne l’impression que les cercles jaunes ne sont pas de la même taille.

 

C’est pourtant le cas ! Il est possible, quelque soit la surface dont vous disposez, de dessiner un objet plus grand qu’il ne l’est vraiment.

Une des triches habituelles pour donner l’impression qu’un objet est plus grand est simplement de placer à coté de lui un ou plusieurs objets plus petit.

Pour renforcer les dimensions du gros vaisseau on pourrait alors lui donner plus de détails, contrairement aux petits qui paraitront plus effacés, comme plus éloignés. De même en ajoutant de la netteté sur l’avant du gros vaisseaux, et du flou vers le fond, cela contribuerait à le rendre gigantesque.

Contraste de couleurs ? Alors que des objets sont à la même distance, en colorer un de rouge et l’autre de bleu ne donnera pas la même impression de taille.

Vous pouvez jouer de la surface de la feuille pour l’étirer et la contracter à souhait. Par exemple avec la prédominance de lignes horizontales ou verticales.

Il est bien connu que s’habiller de lignes horizontales grossit. Une rangée d’arbres grandira l’image et contribuera à son élévation, tandis que des formations de lignes de fantassins prolongera l’image dans sa longueur, en une procession sans fin.

Le cadre n’a pas changé mais les deux images paraissent ne plus avoir les même dimensions.

Les illusions d’optiques sont de bons exemples pour nous prouver à quel point la surface d’une image peut être mouvante. Littéralement puisque certaines illusions donnent même l’impression de bouger comme les remous d’une mer !

Dans la figure suivante, nous avons un autre exemple de déformation de l’espace.

Ces lignes sont de cinq longueurs différentes ? Raté, elles ont toutes la même longueur. Cela montre bien à quel point notre cerveau additionne les formes entre-elles, celle des lignes et de leurs embouts, afin de reconstituer une forme globale qui sera en effet différente pour ces cinq figures.

Cette illusion est utile pour designer des personnages ou des décors. Un même design, paraitra plus grand si ses lignes sous-jacentes s’épandent vers l’extérieur. Pareil avec les motifs d’habits, les textures et détails d’un décor, pourquoi pas aussi avec la manière d’organiser des ombres, etc. En voilà des pistes à explorer !