3 méthodes pour dessiner des décors.

Pour réussir à dessiner vos décors, je vous propose trois méthodes :


La boîte à image, la maquette et la technique du multiplan.

Ces trois méthodes apportent chacune une aide à la représentation de l’espace. Elles apportent des solutions ciblées suivant la taille de l’univers que vous avez à représenter.

  1. Pour une profondeur de champ restreinte : La boîte à image.
  2. Pour une profondeur de champ moyenne : la maquette.
  3. Pour une profondeur de champ très vaste : la technique du multiplan.

 

1. La boîte à image

Quoi de plus simple qu’un cube pour représenter la perspective ? Rapide à dessiner, c’est comme si on tenait dans notre main une boîte contenant notre décor. On peut alors facilement visualiser notre scène sous d’autres angles de vue.

 

 

On commence par dessiner un cube, puis d’autres petites boîtes à l’intérieur pour représenter les éléments de notre décor. Une armoire, un lit, une étagère ou même des personnages. Puis nous choisissons une portion de ce cube, ce sera notre cadre, notre image finale. Il n’y a plus qu’à complexifier les éléments du décor en y ajoutant des détails !

On dessine ensuite ce cube sous un autre axe pour s’en servir comme aide et ainsi repositionner nos objets.

 

L’avantage est de pouvoir vérifier la position de nos éléments en suivant les faces du cube. Comme ici avec la hauteur de l’étagère par rapport à celle de l’armoire et du lampadaire. 

 

Vous pensez peut être que cela va de soi, j’ai pourtant déjà donné cet exercice à des étudiants en école d’architecture d’intérieur, pour en voir beaucoup se tromper malgré tout. Cela montre bien à quel point il est important de faire une rééducation de l’œil, dans l’appréciation des distances et des relations entre-elles. Et n’oubliez pas les diagonales pour obtenir des repères supplémentaires pour placer vos éléments.

La boîte à image est idéale pour représenter des décors à l’échelle d’une chambre. Utilisée sur de plus grand décors elle donnera un aspect de miniature à vos dessins. Jetez un œil aux œuvres de Giotto par exemple !

 

 

2. La maquette

La maquette est un entre-deux de la boîte à image et du multiplan.

L’idée est d’imaginer son dessin comme une maquette posée sur une table autour de laquelle on pourrait tourner. Afin de contrôler l’espace on se sert comme avec la boîte à image du cube. Sauf qu’ici on peut les mettre bout à bout afin de mieux représenter la profondeur de notre décor ainsi que ses différents niveaux.

À noter que j’utilise le terme de cube au même titre que le carré, c’est à dire en tant que volume archétypal, dont les parallélépipèdes rectangles en serait une déformation sur la longueur.

 

Commencez par des changements de vue légers afin de vous habituer à utiliser cette méthode. Vous pourrez ensuite passer à des vues comme des plongées et contre-plongées. Les arrêtes de la maquette vous aidant à replacer vos éléments.

 

Le cube est le secret pour maîtriser toute perspective. Dès qu’une difficulté apparait il suffit de décomposer un objet en cube pour en contrôler simplement les formes. Il rend visible les plans (les faces) de l’objet et l’influence de la perspective sur lui. Si bien qu’il facilitera le placement des zones d’ombre et de lumière.

3. La technique du multiplan

Lorsqu’on dessine un paysage, nous sommes confronté à un problème de taille. Il y a trop de choses à représenter, trop de détails dans trop de profondeur de champs ! Alors, comment s’y prendre ?

En simplifiant ! On ne peut pas dessiner des cubes à l’infini pour représenter un si large espace. De plus, on n’y trouve pas forcément d’arêtes dures (par exemple avec une chaine de montagnes). On va alors simplifier la profondeur de champs en la divisant en plusieurs couches !

En général : un avant plan, un ou plusieurs plans médians, et un arrière plan. C’est comme si au lieu d’avoir un dégradé de la profondeur de champs, on sélectionnait seulement quelques valeurs de cette profondeur. Une palette de valeur limitée, où chaque plan représente un morceau de la profondeur.

 

Le spectateur saute d’une couche à l’autre de la profondeur, ellipsant ainsi la distance entre chaque couche. Une technique couramment utilisée dans les décors des bd Picsou !

A noter qu’il est préférable d’ébaucher en premier l’arrière plan. Oh je vous vois venir bande de Bleus : «Oh je vais mettre un truc méga gros au premier plan, ça me fera moins à dessiner ! ». Il est important de contrôler l’espace de votre image, placer en premier l’arrière plan vous permet de mieux cerner votre image et de placer le 1er plan en conséquence.


 Avant de passer à la suite, je tenais à vous révéler une dernière astuce. Elle met en lumière une utilisation subtile des principes évoqués plus tôt.

Cette astuce consiste à représenter ce qui est loin gros et ce qui est prêt petit. Oui, l’inverse de ce qui se passe normalement. La raison ? Amplifier la perspective. Si quelque chose reste petit malgré le fait qu’il soit prêt de nous, tandis qu’un élément dans le fond de l’image reste gros malgré la distance, alors cela veut dire qu’ils doivent vraiment être petit et gros pour que la perspective ait si peu d’effet sur eux. On trouve de nombreux exemples de cette astuce dans les œuvres de Piranesi. Un des rares artistes à me rendre fasciné par l’architecture alors que ce n’est pourtant pas à la base, là où j’ai le plus d’affinités. Il est bon !

Giovanni Battista Piranesi (1720-1778) – Intérieur de la basilique St. Paul

Voilà comment tricher en perspective, car n’oubliez pas l’important : plus que d’avoir un dessin à 100% réaliste, ayez un dessin crédible ! Pour cela toutes les triches sont permises…

Qu’avez-vous appris dans ce chapitre ?
  • Jouez des échelles, de la superposition et des contrastes pour simuler de la perspective.
  • Tracer les diagonales d’un plan délimité vous permet d’en connaitre le centre, quelque soit l’angle de vue.
  • Trois méthodes pour dessiner des décors : boîte à image, maquette et multiplan.

Place à l’action !

Et si vous dessiniez votre chambre en vous aidant de la boite à image ? Lorsque vous y choisirez un cadre à détailler, n’oubliez pas d’user des échelles, superposition et des contrastes pour mieux rendre la perspective.

 

Le principe de la maquette va améliorer votre sens de l’espace, pour vous aider, pourquoi ne pas réaliser une vraie maquette à l’aide de simples volumes ? Ce n’est pas forcément la peine de vous compliquer la tache avec des éléments figuratifs pour l’instant, de simples cubes feront l’affaire. En tournant autour vous pourrez mieux saisir le changement de la perspective et de l’espace entre les éléments de votre maquette. Changement des angles et des espaces sont à observer avec précaution.

Quant au multiplan, vous pouvez prendre des photos de paysage ou de rue, puis décomposer chaque image en plusieurs zones suivant la distance des éléments qui s’y trouvent. Le but étant d’améliorer votre perception intuitive des plans de profondeur. Ce sont eux qui permettent de simplifier une image complexe, leur repérage doit devenir une seconde nature puisqu’en dessin d’observation c’est une des premières choses que vous observez et placez dans votre dessin.