La zone périphérique grise

J‘ai découvert ce principe en analysant le découpage du film Kuzco des studios Disney. Sur beaucoup de plans du film, au fur et à mesure qu’on s’éloigne du centre de l’image, les contrastes ont tendance à diminuer et les couleurs à prendre une teinte grisée. Dans la même idée que la figure suivante, sans puis avec la zone grise :

 

Je n’avais jamais entendu parler de cette astuce pendant mes études, mais j’ai un œil, et la curiosité de me renseigner. Me voilà donc sur internet à chercher des infos sur la vision humaine quand oh surprise, je tombe sur ce principe physiologique : l’œil distingue de moins en moins bien les couleurs lorsqu’on s’éloigne du centre de la vision.

Comme quoi tout est relié, après tout la peinture consiste à créer une illusion de réalité, pas étonnant qu’elle s’appuie autant sur les principes de la vision humaine. L’utilisation d’une zone périphérique grise est alors un des moyens pour simuler cette réalité.

Le principe de la zone grise pourrait alors contribuer :

À rajouter de la dimension à l’image

En effet, si l’image devient grise sur les bords de cadre cela veut dire qu’elle s’éloigne de notre champ de vision frontal. Le contenu de l’image est tellement grand qu’il occupe tout notre champ visuel.

À se focaliser sur le centre d’intérêt

L’œil étant attiré par le contraste, la zone périphérique grise amène le regard vers l’intérieur de l’image.

À adoucir le cadre

On ne regarde pas seulement une image avec des bords tranchants et fixes. Nous sommes accueillis en douceur dans l’univers de l’image. La liste n’est pas exhaustive, peut-être en voyez-vous d’autres ?

 

À propos, pour s’améliorer rien ne vaut l’analyse plan par plan de séquences de films, ou pour les animateurs l’analyse image par image. Une pratique bien plus vivante et gratifiante que d’apprendre à la lettre des règles déjà mises en forme par d’autres.


Voilà pour cette introduction aux principales caractéristiques de notre vision humaine. Vous avez désormais en main les bases nécessaires pour appréhender la suite. Que ce soit les couleurs, les contrastes, la perspective et un bon nombre de principes picturaux ; tous découlent de la vision humaine. Nous étudierons ces points dans les chapitres suivant de cette partie théorique, et n’oubliez pas, l’étymologie de la théorie n’est qu’observation !

 

Qu’avez-vous appris dans ce chapitre ?
  • La vision en cône provoque la diminution visuelle des objets.
  • Dessinez moins de détails sur les éléments lointains de votre dessin.
  • Un petit objet disparaitra plus rapidement dans la profondeur qu’un grand objet.
  • Plus un objet est large ou proche de nous, plus il subira une déformation sphérique.
  • L’œil distingue moins bien les couleurs situées en périphérie de notre regard.

 

Place à l’action !

Observez les images qui vous plaisent pour retrouver les principes que nous venons de voir. Comment les artistes s’en sont-ils servis ? Gardent-ils des détails seulement pour les objets proches de nous ? Atténuent-ils les couleurs seulement dans la zone périphérique ? Ou d’autres considérations entrent-elles en compte ?