La vision humaine

La théorie, le mot qui fait peur, le mot qui ennuie avant même de commencer à apprendre. Et pourtant ! La théorie n’est pas ce qu’on nous fait croire… Si vous êtes curieux de savoir ce que cache la théorie, renseignez-vous sur son étymologie : du Grec ancien « theorio » (examiner, considérer), lui-même des racines « thea » (contemplation, la vue) et « orao » (voir, regarder).

Si observer n’est pas justement la première des pratiques ! Au lieu d’envisager la théorie comme un ensemble de règles fixes et immuables, envisagez-la plutôt comme des connaissances toujours en mouvement au fur et à mesure que vous voyez de nouvelles choses. La théorie telle qu’on l’envisage habituellement n’est en fait qu’un instantané, comme une photo figée d’un processus continu : observer !

Comprendre ce qu’est la théorie est un point primordial dans tout apprentissage, cela vous permet de ne pas rester bloqué dans vos habitudes et de toujours remettre en cause ce que vous pensiez et ainsi, de toujours vous améliorer. Les règles ferment le regard, les principes mettent en action, et la théorie n’est qu’observation.


Dessiner consiste souvent à reproduire les effets de la vision humaine sur une surface plane.

Notre vision humaine possède des caractéristiques qui lui sont propres, nous avons deux yeux, sphériques et sensibles à la lumière. Connaître en quoi cela influence notre perception des choses permet de mieux comprendre le dessin. Figurez-vous qu’il découle de la vision humaine de nombreux principes très utiles, que ce soit la perspective même ou plusieurs outils qui vont vous permettre de contrôler la surface picturale.


Le cône de vision

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi les objets semblent plus petits à mesure qu’ils s’éloignent de vous ?

Lorsqu’on se renseigne sur la vision humaine on apprend que le champ visuel de l’être humain est un cône dont la base démarre au niveau des yeux pour s’élargir au monde :

Si l’on place le même objet près ou loin de nos yeux, il ne va pas occuper la même place dans ce cône de vision. Près de nous il occupe une grande partie de notre champ de vue alors que plus loin, il n’en occupe plus qu’une petite partie.

 

L’objet n’a pas changé de taille entre temps, c’est la taille relative qu’il occupe dans notre champ de vision qui a changé. C’est de là que vient l’illusion de voir les objets devenir plus petits à mesure qu’ils s’éloignent de vous. Mais alors, au bout d’un moment il sera tellement petit qu’on ne le verra même plus ?

 

Ce que l’on voit de près, n’est plus visible dans la profondeur. De la même manière qu’un moustique nous sera visible passant près de nous, pour disparaître en s’éloignant. Il est pourtant toujours là ! On l’entend ! C’est justement cette disparition des détails qu’on peut utiliser en dessin comme vous allez le voir.

 Si un objet vous est visible, c’est grâce aux capteurs situés sur vos yeux et qui sont chargés de recevoir la lumière que reflète cet objet. Si la quantité de lumière qui arrive à vous n’est pas suffisante pour exciter ces capteurs, aucune réaction chimique n’est déclenchée en réponse et aucune information n’arrive à votre cerveau, pour former l’image de l’objet.

Voici pour le pourquoi, intéressons-nous désormais au comment utiliser ce principe physiologique dans nos dessins ?


Plus un objet est loin, moins il comporte de détails

Les objets que nous dessinons sont tous constitués de différentes parties. Que ce soit les inscriptions d’un livre, la poignée d’un tiroir ou encore les vis qui maintiennent les objets, des traces d’usures, de boue, des déchirures, etc. Tous ces petits détails sont plus petits que l’objet en lui-même, donc avant que l’objet ne disparaisse dans la profondeur, ces détails ne seront plus visibles avant lui.

La disparition des détails est un des outils dont vous pouvez vous servir pour donner de la profondeur à vos dessins. Le cerveau par habitude va interpréter un objet avec peu de détails comme étant loin de nous. C’est en reproduisant sur le papier les conséquences de ce principe visuel que cela est possible. Le cerveau est tellement habitué à ce que les choses fonctionnent ainsi qu’on ressent même une gêne si l’on dessine l’inverse :

 

Plus un objet est petit, plus vite il cesse d’être visible

Les pétales d’une fleur disparaîtront dans la profondeur là où la montagne sera toujours visible.