Dessin de modèle vivant

Le dessin de modèle vivant pourrait tout aussi bien avoir son propre livre, tant la figure humaine est un sujet qui utilise chaque principe du dessin. Je vais ici me concentrer sur les séances de modèle vivant, afin de vous donner quelques pistes pour guider vos premiers pas.

Vous allez voir que la pratique du dessin de modèle vivant amènera beaucoup d’améliorations à vos dessins. Il combine à merveille le coté créatif et technique du dessin. Permettant à la fois de tester des outils et styles différents, mais aussi d’améliorer la liaison œil-main-cerveau. De plus, il vous permet d’obtenir une sensibilité aux morphologies infinies que peuvent prendre le corps humain, vous offrant une plus grande richesse dans vos dessins de personnage.

Pour vous faciliter la vie lors de vos séances de modèle vivant, il est préférable d’avoir pris le temps d’étudier l’anatomie. Connaitre les grandes masses et muscles du corps, vous permettra de les repérer sur le modèle, quelque soit sa morphologie.

Dessinez sur de grands formats et debout, afin de libérer votre geste. Prenez soin d’occuper toute la surface, et de ne pas faire un petit dessin perdu dans un coin de la feuille. C’est important pour améliorer votre gestion de l’espace.

Les étapes vues précédemment sont applicables au dessin de modèle vivant. Néanmoins, vous allez voir qu’il y a quelques particularités supplémentaires.

Trois types de poses

J’aimerais vous présenter trois familles de poses qui reviennent fréquemment en cours de modèle vivant. Chacune met en valeur différents principes à étudier. Les poses d’aplomb pour l’équilibre, les poses regroupées pour la silhouette et les espaces négatifs, les poses allongées pour les raccourcis perspectives.
Les différents critères sont bien sûr présents dans chacune des poses du modèle, ils sont néanmoins mis en valeur au sein de ces trois familles.

1 – Les poses d’aplomb pour l’équilibre

C’est la vue habituelle. Chaque membre est présenté distinctement, sans trop de déformations dues à la perspective, vous permettant de vous familiariser avec les volumes du corps.

En général, évitez de commencer par la tête, elle vient posée sur le reste du corps, donc après que celui-ci ait été mis en place. Il vaut mieux commencer par le buste et le placement des jambes. Afin de vous assurer de l’équilibre du modèle. Là est l’intérêt de cette famille de pose.

De nombreuses fois votre reproduction se retrouvera déséquilibré et tombera vers la gauche ou la droite de votre feuille. Pour remédier à cela c’est très simple, observez et tracez sur votre feuille, la verticale qui part de la tête au sol. Ou plus précisément, pour des vues de profil : de l’acromion aux malléoles ; pour des vues de face : du sternum aux malléoles. C’est cette ligne qui détermine l’équilibre de la pose. Si votre dessin vous paraît bancal, il y a de fortes chances pour que la répartition du corps autour de cette ligne, ne soit la même entre votre dessin et le modèle en face de vous.

 

2- Les poses regroupées pour la silhouette

Ici les formes sont davantage repliées, l’équilibre tient toujours mais sur une zone de support beaucoup plus large. On procède en dessinant une forme générale dans laquelle placer le modèle.

Les lignes qu’on observe ensuite sont la hauteur des genoux par rapport à la tête et au buste, la position des mains, etc. Comme nous l’avions fait avec la chaise, tout repère est bon à prendre !

Les poses accroupies sont intéressantes car elles vous permettent de vous rendre compte des proportions des membres inférieurs par rapport au haut du corps. Des chevauchements de formes commencent aussi à apparaître.

 

3 – Les poses allongées pour les raccourcis perspectives

 

 Ce sont les poses les plus difficiles, la superposition des formes ne vous facilite pas la perception des volumes et au final votre dessin ressemble davantage à un amas de formes qu’à un tout cohérent. C’est là tout le défi.

Débutant, nous ne connaissons pas très bien les volumes du corps, il est d’autant plus dur de les reconnaitre dans des vues inhabituelles et déformées par la perspective. Pour ce faire, simplifiez au maximum les volumes, repérez les lignes de liaisons qui créent l’impression de volume puis dessinez seulement les plus déterminantes d’entre-elles.

 

L’importance des pauses courtes, de 30 secondes à 2 minutes !

Elles font peur au début ces poses courtes. On a déjà du mal à dessiner en prenant le temps, quel intérêt à tenter de le faire en quelques secondes à peine ? Dessiner rapidement vous empêche de penser, il est là le secret. Vous faites beaucoup moins d’erreur qu’en prenant le temps et cela décoince votre trait. Vos premiers essais seront certainement “catastrophiques”, il vous suffit de continuer pour en prendre l’habitude. Quelques 20 secondes en exemple :

Les dessins longs ont aussi leurs forces. Autant les poses courtes vous donnent une souplesse pour dessiner, autant les longs croquis amènent une solidité, une structure qui se retrouve ensuite dans vos croquis rapides. La boucle est ainsi bouclé !

 

Une rigueur dans les temps de pose

Cinq minutes c’est cinq minutes. Si un coup le professeur arrête à quatre ou laisse trainer jusqu’à sept minutes, cela ne va pas. Il est primordial de connaitre la durée de la pose, déjà pour faciliter le travail du modèle, mais aussi pour calibrer sa propre vitesse. On ne s’y prend pas de la même manière pour un dessin de deux ou dix minutes !

Savoir de combien de temps vous disposez est important pour jauger votre travail. Il vous faut être capable d’évaluer une durée sans avoir à regarder votre montre.

Laisser trainer une pause ou la couper prématurément c’est vous faire prendre de mauvaises habitudes. Cela vous coupe l’herbe sous le pied ou vous fait faire des erreurs en vous laissant le temps de revenir sur votre dessin car « il reste du temps en plus ».

Des cinq minutes

On peut utiliser différentes méthodes et différents médiums :

Travailler les masses avec une craie noire, dessiner un modèle en mouvement, à l’aquarelle, marqueur noir, encre de chine à sec avec une brosse, dessiner sur du papier kraft brun, etc.

 

Un seul mot d’ordre : Faites-vous plaisir !


Pratiquer afin de représenter au mieux la réalité, la retranscrire fidèlement, puis la déformer suivant vos envies et transmettre ainsi vos intentions. Voilà le propre du dessin d’observation. N’oubliez pas que pour savoir déformer, tricher, caricaturer, il vous faut connaitre la base réelle et donc le dessin réaliste !

Tout cela n’est cependant que la partie visible de l’iceberg. La création entière d’une image possède beaucoup plus de facettes. Vous allez découvrir cela à travers les nombreux autres chapitres des parties sur la théorie et l’invisible entre les lignes.