Les étapes d’un dessin d’observation 02

Continuons notre découverte du dessin d’observation et de ses étapes, en parlant plus précisément du dessin d’extérieur ou d’intérieur. Que ce soit pour dessiner des paysages, une rue, sa chambre ou une forêt. Il y a quelques points communs à tous.


Le choix de son cadre

Pour choisir un cadre vous pouvez vous aider d’une fenêtre découpée dans un bout de carton. L’avantage, c’est qu’en regardant à travers cette fenêtre, la présence du cadre vous permet d’aplatir ce que vous observez, facilitant l’observation des angles et l’emplacement des objets. De plus, en ajoutant la relation à la bordure, ce sont les espaces négatifs qui apparaissent à vous. Si vous n’avez pas de cadre avec vous, vous avez toujours vos mains, qui elles seront toujours à portée de main.

Choisir son cadre, c’est aussi choisir l’envergure de votre champ visuel. La tendance va à le rétrécir, dessinant une portion très réduite de ce qu’on aperçoit. Pourquoi pas, si vous vous intéressez à un objet en particulier, mais en général n’hésitez pas à ouvrir vos œillères et à représenter le maximum de choses. N’oubliez pas que la vision humaine couvre près de 180°.

 

Trouver et tracer la ligne d’horizon

L’horizon et les lignes de fuite principales vont vous aider à construire votre dessin. Si les points de fuite ne sont pas visibles, retenez que la ligne d’horizon est simplement à hauteur de vos yeux. Si ce n’est toujours pas clair ainsi, placez votre crayon ou votre index à l’horizontal, juste en face de vos yeux, vous aurez ainsi la bonne hauteur.

Un autre point également sur la perspective. On en connait tous vaguement les principes, pourtant, on ne les applique pas dans nos dessins. Un exemple ?

Une erreur classique dans votre premiers dessins d’observation sera de ne pas faire converger les lignes vers des points de fuite, mais d’au contraire les éloigner.

Ce qui marque la différence très importante, entre connaissance intellectuelle et une intégration corporelle obtenue par la pratique.

 

Se faciliter la vie grâce à l’objet de référence

 

Une habitude précieuse à prendre est de commencer son dessin en y plaçant un objet de référence, qui vous sert à calculer les proportions de tous les autres éléments de l’image. Vous êtes dans une rue, il y aura certainement la hauteur d’une voiture ou d’une poubelle pour évaluer les autres distances.

On vérifie alors combien de hauteur de poubelles fait, par exemple, le lampadaire ? Puis on reporte cette proportion sur notre dessin. Progressant ainsi pour toutes distances, hauteurs et largeur comprises.

Pour le respect des angles, vous pouvez encore une fois vous aider de votre main, en écartant l’index et le pouce, ou en utilisant deux doigts. Vous pouvez reproduire tout angle et vérifier s’il est identique avec ce que vous avez dessiné. La conscience des angles est une grande part de l’apprentissage du dessin d’observation, prenez en soin.

 

Ne presque pas regarder sa feuille

Un débutant se trouve toujours le nez perché sur sa feuille regardant à peine ce qu’il a en face de lui. Du coup il va davantage inventer, ou plutôt, faire du cliché, au lieu d’observer et retranscrire fidèlement. On voit son dessin, on le juge et le critique, au lieu d’observer son sujet, d’être dans le flux, à l’affut de la moindre caractéristique à dessiner.

C’est un coup de main à prendre, mais vous devez le prendre le plus tôt possible. Les rapides regards sur votre feuille ne sont là que pour vérifier que vous posez bien le crayon où il le faut, vérifiant d’un coup d’œil que les choses vont bien dans la bonne direction.

 

La gestion de votre trait

De la même manière, de perdez pas de temps à effacer les lignes inexactes, passez plutôt par-dessus. N’oubliez pas qu’il s’agit avant tout de pratiquer, pas de réaliser une œuvre terminée et “parfaite” au moindre trait prêt. Votre dessin est le reflet de votre recherche, ni plus ni moins.

Au cours de votre dessin, vous allez de plus en plus souligner par l’épaisseur du trait ou la quantité de détail ce que vous voulez faire voir, et estomper ce que vous voulez faire ressentir au lieu d’attirer l’attention. Attention à ne pas alourdir inutilement votre dessin. Il n’y a pas besoin de dessiner toutes les feuilles d’un arbre ou toutes les tuiles d’un toit. Suggérez !

Les lignes et angles tracés pour élaborer votre dessin sont comme les poutres qui maintiennent les objets les uns aux autres. Une fois que votre charpente est posée, vous pouvez ajouter plus de précision dans les volumes et monter les détails peu à peu, allant du général au spécifique. Mais sans cette charpente, vous aurez beau combler de détails à tout va, ça n’en fait pas pour autant une maison habitable, ou plutôt, un dessin avec de la vie !

 

Apprendre à ordonner et à simplifier grâce au dessin de forêt

Si vous voulez vous améliorer en composition et en rendu des textures, je vous conseille d’aller dessiner dans une forêt. C’est un très bon exercice pour arriver à synthétiser tous les détails qui s’y trouvent.

Aux Beaux-Arts je faisais cela une heure par jour. Amusez-vous à dessiner tout ce que vous trouvez difficile. Le feuillage d’un arbre, un chemin avec de nombreux détails, pousses d’herbe, bouts de bois et flaques d’eaux, ou encore les racines d’un arbre déraciné.

Le résultat sera peut-être moche, pas forcément dans la qualité du trait mais dans votre compréhension de l’ensemble. C’est là qu’il vous faut simplifier les choses pour créer un tout harmonieux.

Synthétisez, indiquez la forme générale, dessinez quelques amas de feuilles par ci par là, des gribouillis qui seront interprété comme des feuilles par le cerveau.

Dessiner en forêt tout le long d’une année permet de découvrir des jeux de couleurs et de lumières étonnants. Lumière matinale, coucher de soleil et ambiances propres à chaque saison. De quoi combiner le plaisir d’une balade et la richesse de la nature. Pour en sortir avec des images saisissantes, comme on en a l’exemple ici avec cette peinture de John Atkinson Grimshaw.

John Atkinson Grimshaw (1836-1893) – Bois de Newlay (1861)