Les étapes d’un dessin d’observation 01

Aux étapes données dans le chapitre précédent, j’aimerais ajouter des remarques supplémentaires propres au dessin d’observation. Il y a des astuces pour ne pas perdre le fil de son dessin et représenter au mieux ce que vous avez sous les yeux, les voici.

 

S’imprégner de son sujet

Avant de poser le crayon sur la feuille, prenez le temps de vous imprégner de votre sujet. Formes, proportions, couleurs, l’objet est-il usé, plutôt dur, mou, lisse, rugueux ? La personne est-t-elle fatiguée ? Comment cela se manifeste dans sa posture ?

Dans la pratique il ne faut pas toujours réfléchir à chacun de ses paramètres, on va plutôt les ressentir. Néanmoins, en débutant il est bon de vous poser ces questions. Avec l’expérience vous pourrez davantage vous imprégner naturellement, comme une éponge, de toutes les caractéristiques de votre sujet.

Plus qu’une réflexion, cherchez une imprégnation avec votre sujet. Prenez en le temps, ce ne sera pas du temps perdu, bien au contraire. Cela vous permettra de dessiner ensuite librement, sans avoir à réfléchir à ce que vous devez faire.

Le timing de votre dessin devrait ressembler à cela : une lente imprégnation qui passe vivement d’une observation à l’autre. Un top départ pour esquisser rapidement les grandes lignes de votre dessin puis ralentir peu à peu pour placer les détails. Être rapide dans l’esquisse permet d’éviter les erreurs dues à trop de réflexion parasite.

Rappelez-vous la technique de décomposer les vues en observant chaque caractéristique séparément, elle est très précieuse cette technique ! C’est la solution à de nombreux blocages dans la réalisation de vos dessins.

Mais alors que voir en commençant un dessin d’observation ? En voici l’exemple avec un sujet simple, une chaise. Les observations données ici ne sont pas nécessairement un ordre à suivre. Mais en tout cas des points importants à observer et replacer sur votre dessin.

On repérera ici que la hauteur du dossier est égale à celle du pied le plus proche de nous. Dans la 2e vignette, la largeur de l’assise se retrouve à plusieurs endroits. Tandis que dans la 3e vignette, les deux pieds opposés sont de la même taille que la partie pleine du dossier. Quant aux pointillés horizontaux, ils permettent de repérer à quel niveau cette ligne coupe le pied avant de la chaise. Encore un point à retranscrire sur votre dessin.

Prenez soin d’indiquer le cube contenant votre chaise, cela vous fera penser à bien faire converger les lignes de fuite. Une erreur fréquente consiste à trop écarter les pieds à l’arrière, allant ainsi à l’inverse des lois de la perspective. Vous pouvez tracer les parallèles aux arrêtes du cube, comme vous en avez l’exemple ci-dessous à droite. Cela vous permettra de placer avec précision, les volumes constituants le pieds de la chaise.

Tracez (ou observez) autant de repères qu’il vous est nécessaire. Ainsi, les diagonales du dossier peuvent vous permettre de bien placer ses détails.

D’observer avec le crayon les horizontales et les verticales permet d’assurer la ressemblance de votre dessin, mais cela permet aussi de respecter les tensions et la gravité qui s’exerce sur l’objet ou un personnage dessiné. C’est le respect des angles qui donne de la force à vos dessins. C’est d’une importance capitale !

Tous ces repères permettent de bien ficeler votre dessin. D’être sûr que tout est en place. Sans oublier l’observation des vides qui permet d’affiner la justesse de l’ensemble.

La liste des observations est loin d’être exhaustive. Prenez en le temps, c’est cette habitude de tout mesurer qui va vous permettre dans de futurs dessins, de tout capter d’un seul coup d’œil.

 

L’importance d’avoir une intention positive

Lors de l’exécution de votre dessin, il y a un discours interne à avoir. Je m’explique, au lieu de mettre votre focus sur les erreurs et les difficultés, avec par exemple des pensées comme « ah oui mais c’est dur là avec le raccourci perspective » ou encore « le modèle a bougé ! » ou bien « ppfff j’ai jamais su dessiner des mains ». Focalisez-vous plutôt sur les caractéristiques de ce que vous dessinez : « ligne droite, une courbure, de la tension par là, de la mollesse ici, etc. » ou encore « cette distance égale cette distance, la ligne ici rejoint cette partie là ».

On retrouve ici la différence entre se prendre la tête et s’imprégner de son sujet. Le dessin d’observation est presque un état second où notre conscience s’efface pour canaliser sur papier la réalité autour de nous. C’est ce ressenti que vous devez acquérir par la pratique.

 

La lutte entre les symboles et ce qu’on voit

Autre avantage de cette imprégnation, celui de ne pas dessiner par symbole. Méfiez vous de ce que vous croyez. On a déjà parlé à plusieurs reprises de notre cerveau qui nous joue des tours. Ce n’est pas une main, un visage ou autre que vous dessinez, ce sont des formes qui une fois assemblées donnent une main, un visage.

Parfois la différence entre ce qu’on croit et ce qu’on a sous les yeux est tellement grande, que cela crée un blocage qui nous empêche de continuer notre dessin. Pour cela reposez-vous vraiment sur les mesures et observations des angles et grandes lignes, cela vous rassurera grandement. La clé, c’est l’observation sincère des choses.