Le dessin d’observation

Voilà un sujet qui à lui seul mériterait un livre entier. J’ai organisé ce chapitre comme une trousse de survie avec tout ce qu’il vous faut pour mener à bien vos dessins d’observation (dessin d’après nature). Que faut-il observer ? Quelles sont les différentes méthodes et les étapes essentielles ?


Les 3 méthodes

Le dessin d’observation est à mon avis la meilleure voie pour améliorer rapidement son trait et son œil. Pas besoin de réfléchir, pas besoin d’imaginer, vous avez déjà la base de votre dessin en face de vous. La pratique du dessin d’observation peut s’exécuter avec différentes approches. Je distingue trois méthodes : reproduire le plus fidèlement possible la réalité, en dévier plus ou moins, réaliser des croquis d’études décomposées.

 

Retranscrire fidèlement la réalité

Avec cette méthode, prenez le temps de bien observer votre sujet, puis respectez au maximum les rapports de proportions et les angles, reproduisez exactement la même teinte de couleur que celle observée, ainsi que toute autre caractéristique. Il vous faut vérifier en permanence que ce que vous dessinez est fidèle à ce que vous avez sous les yeux.

C’est la méthode qui améliorera le plus la sensibilité de votre œil, lui permettant de capter plus facilement d’infimes différences. Ce n’est pas toujours la méthode la plus fun. Observation, lenteur, réalisme et rigueur sont de mises ici. Néanmoins, prendre le temps de réaliser de tels dessins est indispensable pour progresser. Rien ne vous empêche d’alterner avec des dessins plus libres et spontanés.

 

 

Avec ce type de dessin il peut être bon de se restreinte à une simple ligne, parfois même sans aucune modulation, afin de prendre en compte le seul respect des proportions.

 

Rien ne vous empêche de tenter le même type d’exercices en dessinant plus rapidement, afin de vous forcer à capter d’un seul coup d’œil, l’essence de votre sujet.

  Suivre scrupuleusement la réalité est bien pour s’habituer et roder votre œil, mais tout comme la rotoscopie en animation cela ne donne pas toujours les meilleurs résultats. Il faut retranscrire pour avoir un meilleur dessin, c’est à dire un dessin avec de la force, du mouvement, de la vie.

 

 

Le dessin d’observation comme base à votre dessin

Il s’agit de s’appuyer sur ce que vous voyez, pour en dévier plus ou moins, exagérant, atténuant certaines des caractéristiques observées. Des dessins exécutés en général plus rapidement afin de garder la spontanéité de votre geste. Ressentir, improviser, styliser et expérimenter, sont les maitres mots de cette méthode. Ne réfléchissez pas trop, lâchez-vous, vous serez surpris du résultat.

 

 

À noter que ce type de dessin ne consiste pas non plus à faire n’importe quoi. Ces dessins s’appuient sur vos acquis en observation, qui inconsciemment va vous permettre de choisir ce qu’il faut exagérer dans votre dessiner.

Libre à vous de choisir jusqu’à quel point vous souhaitez vous éloigner de votre sujet. Par exemple, vous pourriez très bien vous servir du portrait de quelqu’un et le dessiner dans le style graphique voulu.

 

 

 

Les études décomposées

Cette méthode consiste à traiter un problème à la fois. On réalise alors des croquis qui ne prennent en compte que la couleur ou seulement les ombres, ou encore les volumes principaux. On peut aussi tracer les lignes invisibles des objets, les points de fuite, ou toute autre caractéristique.

Décomposer, analyser, comprendre. Vous pouvez aussi exagérer ce que vous observez, afin de mettre en valeur une des composantes observées.


 Étude exagérant légèrement les angles du modèle (une statue). C’est le respect des angles et des espaces négatifs qui étaient en tête lors de la réalisation de ce dessin.

 

 

Étude du pouce et de ses rides compression, sous différents angles de vue.

 

 

Dessin de nu, en modelant le corps par aplats d’ombres.

 

Étude des volumes et de l’anatomie, à partir de la peinture “Bacchus” de Rubens.

En décomposant votre sujet, cela vous permet de vous en imprégner, pour ensuite être capable de faire des dessins réalistes, qui eux combinent chacune des caractéristiques dans un seul dessin. De mettre en valeur séparément les caractéristiques d’une œuvre, vous permet de savoir quoi styliser, pratique pour des dessins plus créatifs.

Par exemple, après avoir pris conscience des différences de taille dans votre sujet, libre à vous d’accentuer ces différentes, augmentant la taille des volumes dominants, et diminuant les plus petits. De même avec les différences de couleur, angle, types de formes, ombres, etc. Décomposer permet de révéler à vos yeux les facteurs avec lesquels jouer.

Voilà pour ces trois méthodes, elles sont complémentaires, l’idéal étant de toutes les pratiquer ! Elles vous apportent chacune un des trois facettes dont est constitué tout dessin : la structure, la gestuelle et le dynamisme.