Décomposer en formes simples

Passons à l’ébauche de votre dessin. Il y a de multiples voies pour commencer un dessin, simple forme générale, personnage en bâtons, lignes de gestuelle et angles principaux, voire même commencer par le dessin final à l’instar d’artiste tel que Winsor McCay (Voici une vidéo le montrant à l’œuvre). On va faire ensemble le tour de la question.

Pourquoi décomposer un dessin en formes simples ? Car la nature est ainsi faite, avec pour chaque type de forme une fonction particulière. Comme la tige d’une fleur ou le tronc arbre, lignes amenant les nutriments nécessaires à la croissance de ces végétaux, ou encore des volumes tels que sphères, cubes, etc. qui comme on l’a vu dans les fondamentaux ont également leur rôle à jouer.

De plus, des formes simples comme des cubes ou tubes sont bien plus faciles à représenter qu’un corps humain compact pris dans sa globalité et toute sa complexité.

Décomposer vous aide à apporter du caractère et à maitriser plus simplement ce que vous faites. Ce n’est pas un truc de débutant, c’est un outil pratique pour tous. Cela vous permet de prévisualiser votre futur dessin. La métaphore qui me vient en tête est celle du bloc d’argile, où en commençant à malaxer la pâte, une forme apparait et vous aide à affiner jusqu’à la forme finale.

Absolument tout peut être décomposé en volumes simples, nous avons le cube, le cube et encore le cube. Oui, il y également d’autres volumes qui nous sont conseillés pour commencer un dessin, cylindre, sphères, pyramides, cônes, œufs, etc. Mais pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire encore plus simple ?

Dans un premier temps je trouve primordial de commencer par le cube, car ses plans sont nettement visibles !

 

Il facilite ainsi la visualisation mentale d’un objet, sa représentation en perspective quelque soit l’angle de vue. Avec ses arrêtes dures, il facilite aussi les rapports de proportion, contrairement à une sphère dont les bords arrondis peuvent nous induire en erreur. La structure du cube nous aide à choisir les lignes à même de représenter sa surface. Les plans nettement découpés du cube, permettent de déterminer clairement les zones à la lumière de celles à l’ombre.

D’un cube, rien ne vous empêche ensuite de rapprocher l’un de ses cotés pour donner un triangle, ou d’arrondir ses faces pour retrouver le cercle.


C’est avec ce principe que l’on affine le caractère de nos personnages : un peu plus de pointu ici, un peu plus de rondeur là, ou d’arrêtes dures ici. Le cube reste le meilleur moyen de construire le volume. Que vous ayez à dessiner une tête de rhinocéros :

 

Que vous vous appeliez Durer :

À gauche, Durer (1471-1528) – Étude de main avec une Bible (1506)
À droite, suggestion d’ébauche à partir de volumes très simples.

 

Ou pour dessiner une rue :

 

Ce qui vous demandera un peu plus de d’application que ce que j’ai pris ici. Ajouter et fignoler des détails prends du temps, c’est pour quoi il est primordial de bien ébaucher votre dessin. Il n’y a rien de pire que de prendre le temps de bien faire les choses, pour se rendre compte que la base de notre dessin n’était pas correcte !

Vous n’êtes pas non plus obligés de faire des volumes trop précis. N’oubliez pas que c’est juste une aide pour faire le dessin final, c’est l’armature de votre dessin. En pratique on peut parfois se passer de formes en volume pour simplement indiquer une silhouette. Comme ici avec le croquis d’un tronc d’arbre.

 

  1. Forme générale exécutée d’un trait léger.
  2. Revenir sur ce contour pour préciser la forme et l’influence de la lumière sur le contour lui-même.
  3. 1er jet pour les zones d’ombres.
  4. Ajouts de détails pour suggérer la texture de l’écorce. Affinage des ombres.

N’oubliez pas de peu appuyer sur votre crayon au cours des premières étapes, ces traits doivent pouvoir être gommés par la suite ou conservés suivant l’envie. S’ils sont trop prononcés ils prendront le pas sur les détails que vous aurez ajouté, donnant un coté brouillon au lieu de donner un peu plus de vie à votre image.

Souvent il est plus rapide de commencer un dessin avec de simples silhouettes générales. Cela permet de jouer plus facilement des proportions, et d’affiner le caractère de votre personnage. De simples formes 2D sont alors suffisantes.


Néanmoins, et surtout en débutant, il est bon que vous passiez du temps à construire le volume, histoire d’être sûr d’avoir une base solide. Un dessinateur plus confirmé pourra s’appuyer davantage sur sa visualisation interne des volumes et n’esquisser que très légèrement le début de son dessin. Pour des dessins présentant un décor il est d’autant plus primordial d’indiquer les volumes, la perspective étant l’un des sujets de votre image.

Sur la peinture suivante, l’étape de construction est encore visible, avec un simple contour blanc pour indiquer les volumes principaux.