De la forme à la ligne

Les forces progressives et expansives permettent de mieux définir ce que vous dessinez. Un exemple ? Si vous avez un objet comme un véhicule à designer, servez-vous des forces progressives et expansives pour refléter au mieux l’utilité de ce véhicule. Un vaisseau spatial très rapide pourra avoir une forme plus allongée qui reflète au premier coup d’œil sa fonction. Alors qu’un vaisseau plus lent ou carrément une station orbitale, aura davantage la dynamique de la forme.

Tout dépend évidemment. De plus ces dynamiques peuvent être appliquées seulement à certaines parties d’un objet. Cela influera le ressenti global donné par votre objet, même figé sur une feuille de papier on pourra imaginer sa dynamique, rien qu’à sa forme. Comme ici avec un vaisseau rapide et un autre qui semble plus lent. Une ligne pour aller vers, une forme pour contenir, tout comme un vaisseau de transport et/ou blindé.

Plus proche de chez nous, une forme carrée prédomine sur un 4×4, là où la ligne sera privilégiée dans la forme d’une voiture de course. La ligne étant plus rapide que la forme.

 

Les formes contenues dans vos images, créent des lignes invisibles qui permettent au regard de circuler dans vos œuvres. Elles assurent une lisibilité entre les différents éléments qui composent l’image. Le mouvement du regard sur une image est un vaste sujet qui aura droit à une partie entière pour en voir toutes les facettes.

Ces lignes sont là pour guider le regard et pour la dynamique d’une image. Elles interviennent énormément dans la gestuelle d’un personnage. L’utilisation des lignes et formes aident à déterminer la fonction que vous souhaitez avoir pour la position d’un personnage. Que ce soit de pointer du doigt quelque chose, ou d’un personnage roulé en boule.

Les formes assemblées entre elles d’un personnage, créent une ligne qui guidera le regard du spectateur. Il en va de même pour les poteaux au bord d’une route qui seront ressenties comme une ligne, amenant le regard vers la profondeur de l’image. Que ce soit pour une composition, ou carrément pour une page entière de bande dessinée.

Cette ligne « invisible » va guider l’œil d’une forme à l’autre et ainsi relier les cases entre-elles. Elle nous apparaît lorsqu’on arrête de voir les formes une à une et qu’on observe les formes dans leur globalité. C’est la même chose que de focaliser son regard sur un arbre ou la forêt entière. Même si on ne s’en rend pas compte consciemment en regardant une image ou une planche de bd, cette ligne va tout de même influencer notre regard. Comme un radeau suivant un cours d’eau, notre regard sera entrainé à sa suite.

Dernier exemple, en narration, où l’on retrouve aussi le même principe. Des évènements, formes, vont s’enchainer et leur succession sera le fil directeur d’une l’histoire, la ligne, qui amène une progression dans le récit.


Les forces progressives et expansives sont un principe universel. Nous l’avons ici dans le domaine du dessin et à plus large échelle on peut le comparer à nos trajets d’une place à une autre. Là où le trajet est une progression, il se ressent mais s’efface. Les lieux, arrêts de bus, chambres, boulangerie, occupent davantage l’esprit car c’est là que l’action prend place.

Comme dirait notre ami Paul Klee :

« Une ligne est un point qui est parti marcher. » Paul Klee

Voilà ce qu’il se passe derrière vos dessins !

Ainsi se conclue la partie sur les principes ontologiques. Comme vous avez pu vous en rendre compte, les fondamentaux sont quand même bien plus sympas que de suivre des règles ou des tutos à la lettre. En tout cas, bien plus efficaces. Les connaissances ne se limitent plus à un seul cas de figure, vous voilà multi opérationnels, et surtout : autonomes !