Les mécanismes de la différence

On va explorer ensemble ce qu’il se passe, lorsqu’on met de la variété dans les éléments d’un dessin. Pourquoi cela donne-t-il des dessins plus intéressants ? Des dessins qui semblent touchés par la « magie de la vie » ? Pour cela, comparez les deux alignements de formes de la figure suivante.

FORMES

 

Ou ces deux échelles d’écarts qui ne sont pas sans rappeler les proportions d’un personnage :

PROPORTIONS

 

Ou encore cette composition de ronds de couleur :

COULEURS


Vous ne remarquez rien de particulier ? Voilà ce qu’il se passe, la différence attire votre regard !

Et c’est justement ce mouvement de l’œil qui amène l’intérêt et la vie dans une image ! Avec de la différence, notre œil est actif et parcourt l’image. Au contraire, si tous les éléments sont identiques, l’œil assimile le tout à un seul élément, comme en regardant ce carré :

Nous voilà avec un beau carrelage au lieu d’une image pleine de vie. Il en va de même en musique. Si l’on regarde ou écoute la partition de la figure suivante, que ce soit visuellement ou à l’oreille, à votre avis, que remarque-t-on ?

C’est le même principe ! Vous avez désormais en main les éléments pour comprendre l’exemple du début de ce chapitre, sur le fait de ne pas centrer vos dessins (voir les figures suivantes).

 


Sans différences, quand on centre les éléments par exemple, l’œil n’est pas stimulé dans sa lecture de l’image. Chaque partie est la même, aucun rythme n’est dégagé. Alors que sur le deuxième exemple, l’œil navigue d’un point d’intérêt à un autre, et c’est ce qui fait tout le rythme, toute la vie de l’image. La différence amène un mouvement de votre œil et c’est ce mouvement qui suscite la vie de l’image. Auquel on applique une petite simplification mathématique :

 

(J’ai bien retenu mes cours de maths du Lycée)

 

Nous obtenons un grand principe de dessin (et pas que…) :

LA VIE NAÎT DE LA DIFFÉRENCE.

C’est la magie du dessin, il nous révèle souvent des principes communs à d’autres domaines de la vie. On peut par exemple penser aux différences de pressions atmosphériques qui sont la source motrice du vent, le mouvement des fluides, des protéines, du souffle qui est source de vie…

Nous allons d’ailleurs voir les nombreuses applications pratiques de ce principe ontologique. Elles vont bien plus loin qu’un simple « centrer ou ne pas centrer tu devras. » !