D’un personnage simple à complexe

Maintenant que nous avons vu que modifier les tailles, les formes et les espaces rend intéressantes de simples figures géométriques, appliquons ce même principe à un personnage très simple.

Allez-y, crayonnez-le vous aussi ! Et ne me faites pas croire que vous n’arrivez pas à dessiner ce petit Shadok. Le premier dessin, malgré des formes différentes, paraît considérablement figé. C’est un des défauts qui revient souvent dans les dessins de débutants, sans qu’on puisse comprendre pourquoi. S’il semble aussi rigide, la faute revient simplement à des proportions identiques : les pattes, la tête et le nez faisant la même taille. Comparez avec la version de droite. Le personnage semble bien plus vivant avec ses petites pattes ! On peut l’imaginer parcourir la page en trottinant, le bout de son nez pointu balançant vers l’avant. Une manière de bouger personnelle qui lui vient en fait simplement de ses proportions. D’autres exemples :

Cette fois-ci, le personnage de droite semble presque hautain avec ses longues jambes et son nez qui pointe vers le ciel, alors que celui de gauche, aux gros yeux et au nez tombant, paraît plus craintif. La base du dessin ne change pourtant pas, un carré pour le corps, des rectangles pour les pattes et un triangle pour le nez. Il suffit d’un peu de différence dans les proportions pour créer des personnages uniques. Imaginez alors si l’on variait ou ajoutait des formes ? Les possibilités sont simplement infinies, même avec des personnages très simples. On peut alors ajouter quelques détails pour passer d’un schéma à un petit personnage, comme je l’ai fait à la figure suivante. Inspirez-vous en !

 

 

Quand je vous disais qu’il trottinait sur la page ! C’est qu’il n’a pas envie de se faire épingler comme son double d’à coté ! Comme vous pouvez le voir, donner de la vie à un dessin n’est pas tout à fait la même chose que de savoir faire de beaux dessins compliqués. Même sans avoir d’habilité et de maîtrise dans votre trait, les fondamentaux que je vous propose restent accessibles. Même un enfant pourrait le comprendre : testé et approuvé !

Je m’amusais à dessiner devant une petite Allemande de 5 ans, qui d’ailleurs ne parlait pas français. Malgré tout, cela ne l’a pas empêché de comprendre en me voyant faire. J’ai réalisé de petits personnages en variant les formes, et lui ai tendu le crayon en la regardant d’un air de défi : chiche ? Elle a pris son crayon, m’a gribouillé un carré avec un œil plus petit dedans et une petite bouche, a posée son crayon, et m’a regardé avec un grand sourire de satisfaction genre, pour qui tu me prends ? Moi aussi je sais le faire ton truc ! Alors que cinq minutes plus tôt, elle faisait des gribouillis, la chipie ! Elle cachait bien son jeu…

Alors c’est bien gentil de dessiner des petites bestioles, mais est-ce que ça marche avec des exemples plus complexes ? Bien sûr, la réponse en image :

Je lui préférais son petit frère, il n’a pas l’air commode celui-ci ! Un autre exemple avec un gros rhino, où l’on retrouve une variété de formes et de tailles.

 

Rien ne vous empêche ensuite de mettre ces formes en mouvement :

 

Afin d’avoir d’autres exemples je vous conseille de regarder des animés comme Samurai Jack, dont les personnages aux formes simples et expressives sont un régal pour les yeux. Sans parler des décors, qui utilisent le même principe de variation de formes et de taille. Allez jeter un œil aux backgrounds réalisés par Scott Wills. 

Commencer simplement pour aller vers des assemblages complexes, mais toujours en 2D, est un exercice que je conseille pour débuter. Cela permet de ne pas être gêné par la difficulté à représenter les volumes, ni par un surplus de détails réalistes. Ici c’est très simple, cela vous permet de saisir ce principe de jouer avec les différences. On peut ensuite appliquer le même principe à des formes 3D afin de pousser un peu plus loin les choses et d’obtenir des personnages de plus en plus complexes. Mais toujours simples.