Faut-il recopier ?

Pour apprendre à dessiner, le recopiage est généralement la première pratique par laquelle nous commençons presque tous. Une des questions existentielles qui se pose alors : le recopiage nous aide-t-il vraiment à progresser en dessin ? Et bien non, j’ai le regret de vous dire que ce n’est pas le cas. Fin du chapitre.

Je sens bien que cette réponse ne vous satisfait pas, alors développons un peu le sujet. Et vous allez le voir ensuite, il y a des solutions bien plus efficaces que le recopiage pour apprendre à dessiner.

 

Pourquoi aime-t-on recopier ?

Lorsque je débutais le dessin, j’avais recours au recopiage car c’était la seule manière que j’avais de faire de beaux dessins. C’est dans cette recherche du « joli » dessin qu’on a souvent recours à la copie. J’étais satisfait et fier de la ressemblance de mes dessins, mais à coté de ça, il est clair que je ne progressais pas pour dessiner sans modèle.

Le recopiage est bien utile au début pour deux choses : se rassurer et se faire plaisir. Mais il faut s’en détacher le plus vite possible pour apprendre vraiment à dessiner. Pour ma part, le recopiage m’avait permis d’être familier avec les proportions et une certaine vision de l’espace, mais il s’agissait en fait d’un espace plat, donc je passais complètement à coté de tout le reste.

 

Le recopiage n’apprend pas à dessiner

Lorsqu’on débute, faire ses propres dessins n’est pas facile, si bien que l’on se réfugie dans le recopiage. Au départ, je pensais aussi qu’en recopiant un maximum de dessins, j’arriverais à mémoriser les formes pour dessiner sans modèle. Je me trompais. Recopier sans réflexion des dessins n’est pas une bonne méthode pour s’améliorer : on ne fait que retenir par cœur des formes et on les réapplique en copier-coller maladroits. On recopie des dessins remplis de défauts sans même s’en rendre compte et on prend plein de mauvaises habitudes dont il va falloir se débarrasser plus tard.

 

Pourquoi le recopiage ne fonctionne pas ?

Pour pouvoir apprendre en observant les œuvres d’autres artistes, il faut déjà avoir un certain niveau qui nous permet de voir entre les lignes, les questionnements par lesquels sont passés ces artistes pour dessiner leurs images. La clé pour réussir cela, c’est d’avoir déjà été confronté à ces questionnements, donc d’avoir réalisé de nombreux dessins d’observation et d’imagination. Aussi bancals soient-ils, l’important n’est pas là. L’important est le combat que vous avez livré pour réussir à les faire malgré tout. C’est ce combat-là qui vous apprend à dessiner, pas de faire de jolis dessins.

Être capable de dessiner correctement et sans modèle prend du temps. Pas quelques semaines, ni quelques mois, ça prend des années. Je reçois parfois des emails de débutants qui ne comprennent pas pourquoi ils n’y arrivent pas alors qu’ils dessinent déjà depuis deux ou trois ans. Ce qui ne représente pas grand-chose; surtout si c’est par-ci par-là, le soir et le week end, ou en marge de leurs cahiers d’écolier. Je réponds alors très simplement : dessinez encore trois ans.

 Je tiens quand même à vous rassurer, les progrès peuvent venir plus vite qu’on ne le pense. Plus on dessine et plus on est à l’aise. Surgit alors un nouveau plaisir, celui de tester « toutes les possibilités possibles » (une expression que j’apprécie beaucoup), et de trouver le moyen le plus adéquat pour exprimer ses pensées par l’image. Il y a du chemin à faire, mais ne vous inquiétez pas, Bleu, Rouge et Jaune sont là pour vous accompagner !