À mauvaises questions, mauvaises réponses

Même en dessinant un œil magnifiquement ciselé, à coté d’un nez tout aussi magnifique, puis un autre œil parfaitement symétrique à l’autre et d’une bouche tout aussi bien élaborée : vous aurez tout sauf un bon dessin. La technique ne fait pas tout, loin de là ! D’abord, il manquera l’idée, une histoire derrière le dessin, puis que l’on sente une compréhension des volumes du crâne et de la mâchoire afin que les éléments du visage ne reposent pas dans le vide. Ainsi que bien d’autres connaissances qui font la vie d’une image !


Savoir dessiner n’est pas seulement faire un beau dessin!

Quand on débute, on se pose souvent les mauvaises questions. Ou du moins, ce ne sont pas du tout par celles-ci qu’il faut commencer ! Comme : quel matériel choisir ? Comment avoir un style ? Un trait droit ? Comme faire une ombre ? Comment dessiner ci ? Comment dessiner ça ? On ne s’interroge que sur l’aspect extérieur du dessin, donc ce ne sont forcément que des questions superficielles, voire inutiles.

Ce qu’il faut se dire c’est : ok je débute… donc je ne vois pas grand chose du dessin pour l’instant. À part ce que j’observe, qu’est ce qu’il peut y avoir d’autre ? Qu’est-ce qui fait qu’un dessin va me plaire ? Qu’est-ce que mon dessin raconte ? Si je mets une diagonale à la place d’une verticale, qu’est-ce que cela change ? Une question qui paraît superflue, alors que c’est tout l’inverse. Car ces questions s’intéressent au sens du dessin, à ce qu’il véhicule, à la façon dont on peut l’investir d’une émotion. Et c’est cela qui compte ! Je vous rassure, je ne vous laisserai pas sur votre faim, les réponses se trouvent dans les parties suivantes.

Les questions qui se posaient à moi à l’époque ne trouvaient pas leurs réponses, tout comme les vôtres maintenant. Par la pratique, tout fini toujours par se dénouer naturellement ! Ce qui paraissait incompréhensible ou inaccessible devient alors notre quotidien. Il faut juste que vous reteniez une chose :

 

Bah tiens, j’aurais pu résumer ce cours entier par ces trois mots. Cela m’aurait demandé beaucoup moins de boulot !

Quand on débute le dessin, on va souvent partir à la recherche d’un tas de ressources pour apprendre à dessiner : Le meilleur livre, la meilleure formation, les meilleures techniques et astuces pour vite apprendre à dessiner. On va les accumuler et se reposer dessus, négligeant la pratique. C’est pourtant le plus important !

La pratique (je le répèterai jusqu’à ce que ça entre dans vos cerveaux) fait toute la différence. Être bien guidé peut aider, mais sans pratique régulière, rien ne suivra. Alors que, même sans être guidé, la pratique peut suffire : elle vous guidera d’elle-même.

Aujourd’hui, alors que tout est si accessible, tant de ressources sur le net sont disponibles pour apprendre à dessiner, on pourrait se dire qu’avec tout ça, tout le monde devrait énormément progresser. Eh bien non ! C’est parfois même l’inverse qui se produit, car il manque trop souvent la pratique et une recherche assidue, une rigueur vis-à-vis de ce que l’on fait. Rendez-vous bien compte qu’à une époque, les illustrateurs devaient compiler des classeurs entiers de références visuelles. Aujourd’hui, en un seul clic de souris, on accède à toutes les images souhaitées, mais du coup on ne les étudie plus, ou trop peu.

À tout donner, beaucoup d’élèves vont accumuler des informations mais sans vraiment les mettre en pratique.