Avant de rentrer dans le vif du sujet avec les principes ontologiques du dessin, il m’a paru important de définir certains points et partager avec vous mon ressenti sur le dessin.

Entamons ce chapitre avec deux facettes du dessin : une expérience interne, où le dessin s’approche de la méditation. Une expérience externe, où le dessin va vers la communication.

Dessiner c’est méditer

Je suis sûr qu’il vous est déjà arrivé en dessinant, de sentir que vous pouviez être plus détendu et attentif, que dans la vie de tous les jours. D’une certaine manière, vous êtes en phase avec ce que vous dessinez. En dessinant vous sollicitez tout votre corps dans une seule direction : la réussite de votre dessin !  

Je me souviens d’une remarque intéressante qu’avait fait l’un des lecteurs de mon site. Il m’avait confié que lorsqu’il était désormais devant une personne, son regard avait complètement changé grâce au dessin. Il avait l’impression d’observer une œuvre d’art et non plus une simple personne. Un regard qui prend le temps de découvrir la personne, plus attentionné, presque avec amour. Il concluait alors sur le fait que le dessin rendait plus humain. Des ressentis que je partage aussi.

On peut même retrouver dans la pratique d’un art le fameux non-agir (le Wu-wei) des taoïstes, qui n’est pas à confondre avec le fait de ne rien faire, bien au contraire ! Pour définir ce terme, envisagez-le dans le sens où notre action, notre volonté de faire s’efface tellement que nous faisons simplement les gestes, presque sans agir. L’acte se déroule sans résistance et surtout, naturellement. On peut voir cela chez de grands danseurs comme Gene Kelly, qui laissent la danse s’exprimer à travers eux. Un état qui peut se retrouver dans toute autre activité de la vie, musique, conférences, randonnée, cuisine, etc. C’est ainsi qu’on obtient les meilleurs résultats, avec un minimum de fatigue pour les obtenir. Un état à rechercher par la pratique !

Le dessin est très relaxant, il permet de sortir et de fixer sur le papier des états d’âmes ou de dissiper son stress. Peut-être vous est-il déjà arrivé de ressentir ce besoin urgent d’exprimer sur papier ce que vous aviez en vous ? Parfois même l’angoisse qu’il peut y avoir à garder trop longtemps en soi idées ou émotions, sans pouvoir les extérioriser et les figer sur le papier ? En les rendant visibles pour vous mais aussi pour les autres, vous ouvrez ainsi la porte au partage de ce que vous avez en vous.

L’exemple par excellence de ce type de dessin est l’œuvre d’après nature, où l’artiste s’ouvre vers l’extérieur pour capter sur papier les beautés de la nature. Des dessins ou des peintures qui peuvent ensuite être apprécié par d’autres, qui en voyant l’œuvre, partagent avec l’artiste son moment de contemplation figé sur la toile. Ce qui nous amène à la deuxième facette du dessin, la communication.