Le soi-disant talent

Un grand nombre de personnes n’envisagent même pas d’apprendre le dessin car elles croient ne pas en avoir le talent. Mais c’est justement cette croyance autour du talent qui bloque l’apprentissage du dessin et non le fait d’en avoir ou non !

J’ai une histoire à propos de talent. Lorsque j’étais plus jeune, j’étais émerveillé de voir la facilité qu’avaient certains à dessiner un personnage en action. On aurait pu dire qu’ils avaient du talent par rapport à moi, avec mes personnages difformes et écartelés sur le papier. Pourtant, là où j’ai pu en voir stagner par leur manque de pratique, de mon coté j’ai persévéré et je suis devenu bien plus habile avec les années.

Un dessin vaut mieux qu’un long discours, peut-être qu’il vous enlèvera de la tête que le talent, « tu l’as ou tu l’as pas ».

 

 

Souvent, ceux qui ont des facilités au départ se reposent sur leurs acquis et ne progressent plus. Avec les années, ils finissent par avoir le même niveau que ceux qui n’étaient pas doués mais ont continué à persévérer. Ce sont même souvent ces derniers que l’on qualifie de « talentueux ». Comme quoi, le talent fait davantage référence à un point de vue extérieur sur le niveau d’une personne qu’à une réalité intérieure et immuable. C’est là que l’on touche à quelque chose de bien plus important : le plaisir et le désir de dessiner. C’est l’envie de dessiner qui vous pousse à la pratique et à progresser !

Le plaisir est un facteur primordial pour apprendre le dessin. Sans plaisir on peut difficilement fournir autant de travail, ou du travail forcé, ce qui ne peut que vous dégoûter du dessin à terme. Le désir amène au talent. Voilà ce que prouve l’expérience et la pratique ! Mais figurez-vous que ce sens caché du talent ne l’est pas tant que ça. Les mots ont une histoire, à mes yeux, ils étaient pleins de sens et avec les siècles ils ont perdu de leur profondeur pour aller vers des significations plus superficielles. Lorsque j’écrivais sur le talent, c’était mon expérience et mon propre ressenti qui guidaient mes lignes. Par curiosité je me suis alors renseigné sur l’étymologie du mot talent, et quelle surprise !

Figurez-vous qu’à une certaine époque, le mot talent a signifié « état d’esprit », « désir », « volonté ».

D’un sens incitant au mouvement et ainsi à nos progrès, nous sommes passé de nos jours à une utilisation du mot talent qui nous invite à ne plus rien tenter : soit t’es doué, soit tu l’es pas. Dans la pratique, on observe à quel point la désir fait toute la différence, en opposition à l’usage restrictif que nous faisons aujourd’hui du mot talent.

Tout est dit : Il est possible à chacun d’atteindre un bon niveau. Certes, certains auront plus de facilité et d’aisance ; certains auront un petit quelque chose en plus. Mais qu’importe ? Au lieu de se comparer aux autres, mieux vaut regarder à l’intérieur de soi et le trouver son petit plus ! Puis les choses ne sont pas aussi simplistes, vous remarquerez que certains auront plus de facilité à dessiner des personnages en action, d’autres à passer des émotions, à faire rire, pleurer, pour d’autres encore ce sera de créer des personnages attachants, des mascottes, ou à passer des idées importantes dans leurs œuvres. À chacun ses spécificités, suivant sa personnalité !

Le dessin, si vous vous en donnez la peine (ou plutôt : la pratique) est accessible à tout le monde.