Dans une précédente version du site je répondais :

« On ne peut pas réellement y répondre, c’est comme expliquer à quelqu’un comment faire du vélo, cela s’apprend avant tout par l’expérience. »

Ah l’ancien Max et ses cheveux long… bien démodé. ;)

En fait, j’ai deux réponses ! On va commencer par celle ci :

« Dis, comment qu’on met des sentiments dans un dessin ? »

Nouveau-Max : « Dis, tu t’en poses beaucoup des questions avant de sourire ? Non ? Et bien c’est pareil ! Coupes ton cerveau et ressens !  »

Et la suivante :

Cela réuni plusieurs facteurs. Avant tout la sincérité, une simplicité et de la clarté. Il ne faut pas noyer le lecteur sous une multitude d’intentions différentes.

Ensuite être en phase avec son dessin. S’il faut dessiner de la colère, on peut faire comme les acteurs et se mettre en condition pour ressentir et sortir cette émotion dans des traits incontrôlés, plus cassés et incisifs.

Différents facteurs entrent ensuite en compte comme la rapidité d’exécution, l’inclinaison du trait, son épaisseur, les formes, …

Commençons par quelques exemples, avec la sensation donnée par les lignes.

 

Sensation de la ligne :

1. Légèreté et vivacité, comme une note de musique qui s’entremêle, ping !

2. Lourdeur et obscurité par l’entremêlement serré des lignes. Chaotique.

3. Rigueur donnée par la verticale, la fine diagonale en montée donne une progression élégante, un coté distingué. Tandis que la courbe bizarre à gauche amène une certaine fantaisie malvenue.

4. Tchak ! Prédominance de la diagonale, mouvement comme une onde, une hélice qui se répand dynamiquement.

 

Symbolique des formes :

1. Les triangles : Plus de vitesse, de dispersion et d’agressivité. (effet verre brisé)

2. Les rectangles : Plus de stabilité, de rigidité et de calme.(effet circuit imprimé)

3. Les cercles : Plus de douceur, de suspension dans l’espace.(effet galaxie de planètes)

 

Le meilleur exemple de l’utilisation des formes que j’ai pu voir sont :

« Actor Dancing » de Torii Kiyotada  avec la symbolique du triangle.

« Woman Dancer » de  Torii Kiyonobu I avec la symbolique du cercle.

Lorsque je les ai vu dans le livre « Dessiner grâce au cerveau droit » de Betty Edwards ces dessins m’ont profondément marqués. On ressent le style de danse rien qu’aux formes utilisées !

 


L’outil utilisé modifie également la manière dont on ressent un dessin. Par exemple, de l’encre de chine travaillée en lourds aplats noirs, écrasant les rares espaces blancs de la feuille aura du mal à représenter la légèreté d’une après midi passé au bord d’un lac.

Un amour tendre et enfantin représenté avec des triangles acérés présents dans les formes du décors et des personnages sera un échec cuisant. Alors que les courbes seront plus à même de représenter un tel sentiment.

Continuons notre exploration pour donner des sentiments à une image avec :

 

Le confinement de l’espace :

1. Ambiance renfermée et écrasante, renforcée par les triangles agressifs qui mangent l’espace. (effet dents de la mer)

2. Ambiance plus douce et aéré grâce au large vide, ponctué d’éléments aux courbes relaxantes. (effet galets sur une plage)

 

Les couleurs :

1. Des couleurs saturées et bleutée pour une calme joie de vivre.

2. Des couleurs délavées pour une impression de fatigue et d’usure.

3. Des couleurs sombres pour une ambiance plus voilée et crépusculaire.

4. Des couleurs plus chaudes et saturées pour un effet acidulé.

 

Et bien d’autres encore :

1. Un acidulé fort en contradiction donné par la  juxtaposition des couleurs complémentaires verte et rouge. Ce qui donne une ascension provocatrice de la diagonale.

2. teintes dé-saturées, marais putride, mort.

3. fragilité, protection, petite mine. Comme une bouche orange resserrée autour d’un océan de blues.

4. contour noir et franc, force de la spontanéité. Entre-mêlé en expansion.

 

J’appelle cela de petits carrés d’humeurs. Un très bon exercice !


 

Au début cela parait bien mystérieux de mettre des sentiments dans un dessin. Comme on ne connait pas les fondamentaux, il nous manque les outils nécessaires pour s’exprimer.

En fait, comme nous l’avons vu précédemment il s’agit simplement de deux choses :

–  Le ressenti de l’artiste  : comment son ressenti se manifeste naturellement dans son dessin.

– Le sentiment induit par la technique : comment l’agencement des lignes, formes et couleurs amène des sentiments au lecteur.

Rien de bien mystérieux au final.

Ah si, j’oubliais le plus important :

COUPER CERVEAU TU DOIS ! :)