La solution pour apprendre à ne plus recopier de dessins, c’est un maximum de dessin d’observation et s’acharner à dessiner sans modèle malgré les premiers résultats. Je me rappelle que cela m’avait pris un an pour apprendre à dessiner sans modèle. Un an de « youhou j’y arrive enfin ! Aargg j’y arrive plus… Youhou, là c’est bon ! Arg j’y arriverais jamais… » Jusqu’à « oooh illumination, ça marche ! »

 

ET TRAVAILLER D’APRÈS PHOTOS ?

Même si l’idéal est de travailler d’après nature,  dessiner d’après photo peut aider à dessiner sans modèle. À condition de ne pas recopier bêtement la photo. Il faut bien l’observer sous toutes ses coutures, en comprendre les volumes, voir d’où vient la lumière, de quelle manière circule son regard dans l’image, quels sont justement les éléments de l’image qui guident notre regard, etc.

Pour résumer plus simplement :

ÉTUDIER, NE PAS COPIER.

Avoir des photos de référence à coté de soit est une méthode que j’utilise encore pour me familiariser avec de nouveaux sujets. Observer quels types de formes, quelles proportions sont nécessaires pour obtenir un sujet précis. C’est primordial pour ensuite jouer de ces formes-là.

Il faut néanmoins passer par le dessin d’observation avant de pouvoir apprécier l’étude de photos ou même l’étude des tableaux de Maîtres. La simple copie servile ne vous apportera pas grand chose, il vous faut les yeux pour voir l’arrière d’une image et les choix de l’artiste. C’est là justement le rôle du dessin d’observation.

Il vaut mieux étudier une image en la décomposant en études rapides, plutôt qu’une copie servile.

LA SUBTILE DIFFÉRENCE :

Voici une anecdote qui m’est arrivée pendant ma dernière année de lycée.

Durant l’option art du mercredi après midi, j’y montrais tout content (vu le temps abominable qu’il m’avait fallu pour le faire) le dessin suivant au prof et aux autres élèves :

Le prof me dit alors que le dessin était statique. Oui, statique !

Aux autres élèves de s’exclamer qu’il n’était pas statique du tout, que le dessin était super bien fait, etc.

Moi aussi je ne comprenais pas ce qu’il voulait dire par statique. Je n’y ai donc pas fait attention, d’autant plus qu’il n’a pas su expliquer pourquoi.

Pourtant il avait raison.

Deux années plus tard lorsque j’ai rajouté le dessin à mon site, j’ai moi aussi trouvé qu’il était statique. Pourquoi ?

Il me faisait penser à mes recopiages… Bien qu’à l’époque j’arrivais à recopier facilement des dessins au niveau des proportions, eux aussi en les revoyant je les trouve terriblement figés. Il n’y à rien derrière voilà ce qui me vient à l’esprit.

Pour revenir au Spiderman, quand je l’ai dessiné je procédais de la même manière qu’un recopiage, en m’attardant sur l’extérieur du dessin sans vraiment comprendre les formes que je dessinais.

Le dessin est plat, j’aurais été incapable de le dessiner de dos, l’anatomie est rigide, le ventre vertical par rapport au cadre de l’image, et l’axe du bassin bien horizontal. Le personnage est central. Son pied gauche est dans le même axe de l’immeuble, un tas d’autres tangentes sont présentes. Bref que des erreurs pour le rendre statique.

Au final, mes premiers dessins sans modèle relevaient plus du recopiage qu’autre chose. Il me fallut attendre d’être aux Beaux-Arts et de pratiquer, tous les jours, le dessin d’observation pour vraiment apprendre à dessiner  !